Ce n'est pas très glorieux.

Publié le par Gerry

La fierté dont je faisais preuve, pour les miens, aux lendemains des élections au Togo, a fondu comme une boule de neige au sahara. De nouveau l'opprobe, de nouveau cette inconstance qui nous colle à la peau, comme une sordide malédiction.
C'était pourtant bien partie. Une campagne bon enfant, un scrutin studieux, calme, normal. Comme dans un pays normal.
Ensuite, dès le lendemain, tout a commencé à partir en sucette. Agbéyomé, je l'ai déja écrit, s'est mis dans un rôle de pyromane. Et les autres ont suivi sur la lancée. Fabre déja annonçait une victoire à plus de 80%. Inconséquent, et maladroit. Le site républicoftogo.com présentait quant à lui une victoire de Faure à 64%, tout aussi maladroit. Mais jusque là encore, que de la politique de l'intimidation.
Puis il y a eu samedi, avec la proclamation des résultats provisoirs. Dès le lendemain, il y a eu des prémisses de manifestations. Dispersées. Personnellement, le principe de précaution tel qu'il est partiqué dans notre pays, ne relève pas, et il est malheureux de le dire, de la démocratie. La lettre N° 0087/MS-CAB en date du 06 février 2007, envoyée aux partis politiques par le ministre de la sécurité, qui leur signifie que les manifestations sur la voie publique, qui ne rentrent pas dans le cadre d’une campagne électorale, doivent se tenir en week-end plutôt qu’un jour ouvrable, est bien entendu une atteinte à notre constitution, qui consacre la liberté de manifester. Mais cette disposition (qui peut être assimilée à un decret), qui n'est pas une loi, devrait avoir été attaquée depuis trois ans. Plus d'un tiers du parlement est de l'opposition quand même. Et depuis trois ans, je ne compte pas le nombre de rencontres qu'il y a eu à Ouaga, où ce decret n'a jamais été posé sur le tapis. Je ne comprends toujours pas ce que tous ces spécialistes du droit font dans les rangs de l'opposition. Normalement, une simple recours devant la chambre administrative, pour excès de pouvoir aurait dû règler le problème, avant même d'aller à la cour constitutionnelle. Même si l'opposition ne le fait pas, je crois que le Togo moderne que le régime actuel dit mettre en place ne devrait pas ainsi jouer avec nos libertés fondamentales. Comment les gouvernants peuvent-ils prendre le poul de la satisfaction des administrés, si ceux-ci ne conservent pas la liberté, immédiate, de manifester? Certes, le pays a sérieusement évolué au régistre des libertés depuis cinq ans, et il faut avoir le courage de ne pas écouter certaines voix discordantes, qui pensent que l'absence de contestation est synonyme de satisfaction et d'aisance. En fait, il faut croire que l'interdiction ne concerne que les partis politiques, car les étudiants ont manifesté hier (jeudi) à Kara, encadrés par la police. Le drôle de pays que nous avons là.
Bref, donc, interdiction et dispersion des manifestants. A la bonne heure! C'est la protection de l'ordre public. Principe de précaution. Comme dans tout état de droit.
Je m'attends, et je l'ai déja écrit aussi, que Fabre fasse mieux que comme d'habitude. Qu'il montre de la grandeur. Qu'il fasse des recours. Qu'il produise des preuves... numériques. des vidéos, des PV scannés, qu'il déposera à la cours constituonnelle, mais rien. Mardi, la date butoir des recours est passé (enfin, je crois, mais je ne sais plus. c'est 48h après ouvrés ou pas, après la proclamation des résultats provisoires, il faut que je vérifie) j'apprends même que Fabre ne fera pas de recours. Agboyibo, après avoir implicitement reconnu les résultats, se rébiffe et envoie un recours. Celui-ci ne repose que sur des constats faits dans deux bureaux de vote. c'est petit. Le bouillant Agbéyomé aussi fait un recours, qui repose sur le rapport de l'UE. Mais l'EU a déploré les irrégularité du scrutin, et non sa fiabilité. Même Homaoo, le trépidant représentant de l'UFC à la CENI, reconnait les résultats. Tout ceci est mauvais pour l'opposition, et bon pour Faure. Tout le monde se rendra compte que tout ce raffut est pour du bide. Il n'y a rien. Puis dans l'après midi, la nouvelle (mauvaise cette fois pour Faure) tombe. Le centre de traitement informatique du FRAC a été perquisitionné, le matériel et le personnel embarqués. Je vais sur les sites et les forums traitant du Togo. Les avis aussitôt changent. Alors qu'on était persuadé que Fabre faisait du bruit pour rien, là, on se dit que sa contestation reposait peut être sur quelque chose, autrement, on aurait pas embarqué leur matériel. Voila comment une petite décision, allez savoir qui la prise, transforme en martyr un homme qui était presque fini,(du moins pour cette année) et un parti en déliquescence.
Désormais, tout est de nouveau fichu. La case négociation pointe à l'horizon. En laissant les gens manifester, (avec l'encadrement de 3000 policiers quand même), en laissant le droit seul parler, le régime avait toute la communauté internationale avec lui,( même si je n'ai pas compris les félicitations qui nous ont été adressées avant la proclamation de la cour constitutionnelle). De toutes les façons, les manifestants (peu nombreux) allaient s'essoufler assez rapidement. En faisant le contraire (interdiction de manifester et perquisition) le gouvernement et par ricochet le président de la République se fait passer pour ce qu'il n'est pas en réalité (c'est en tout cas ce que je crois et c'est ce qu'il a démontré par l'organisation de ces élections): c'est à dire, un prédateur des libertés et de la démocratie.
Cinq ans de travail ont presque volé en éclat...pour une perquisition.

Publié dans Info togolaises

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Hassan ALI 13/03/2010 01:34


prq tù ne deviens pas 1 analyste en politqùe.. bien vù bon opinion