Silence, on politise la société civile togolaise
Le 16 novembre 1992 avait été le début de la fin du mouvement syndical au Togo. Le Collectif des Syndicats indépendants de Norbert Gbikpi-Bénissan, en s'alliant au COD2 pour lancer la grève générale illimitée, avait mis a mal l'action syndicale dans notre pays. Pour la simple raison qu'un syndicat défend la cause des travailleurs, et non des droits politiques. Cette confusion de genre a durablement plombé les organisations de travailleurs, qui depuis ont été inféodés à l'exécutif, qui les contrôle de très prêt, pour éviter toute récidive. Résultat, nous n'avons pas de syndicat actif dans notre pays, pour le malheur des travailleurs.Dans ce contexte, la société civile était encore la seule entité de contre pouvoir encore existante, les députés étant figés dans une raideur indigne d'une démocratie pour cause de fidélité au partis. Les derniers accords de Ouagadougou ont signé un arrêt de mort à notre société civile toute viscillante. En introduisant cette notion batarde de "coptation" des membres de la société civile par les partis présents au parlement, c'est vider le débat social togolais de toute substence. Les partis d'opposition ont décidé que les représentants de la société civile présents à la CEni soient coptés par les partis présents à l'assemblée. Donc, s'il faut bien comprendre, et c'est là que tout devient ridicule, la première CENI proposait: 5 représentants RPT, 5 pour l'opposition, 3 pour les partis extraparlementaires, trois pour la société civile, et un pour l'administration, l'opposition a crié:
-Non, c'est de la triche, à cette allure, cela fait 12 pour le RPT, et 5 pour nous, nous sommes minoritaire.
A l'époque, je me demandais justement, au nom de quoi on pouvait penser que les 3 membres de la société civile et les trois autres des partis extra parlementaires étaient inféodés au RPT?
Aujourd'hui, la nouvelle donne est: 5 pour le RPT, 5 pour l'opposition, trois des partis extra parlementaires (dont un parainé par l'opposition et 2 par le RPT) 3 de la société civile dont 1 parrainé par le RPT et deux par l'opposition, et un membre de l'administration. Ce qui fait, de l'aveu même de l'opposition et cette fois-ci sans ambages, 7 pour l'opposition, et 8 pour le RPT. L'opposition est toujours minoritaire...mais a enterré la société civile.
Ils sont quand même curieux, nos politiciens. Comment imaginer un état démocratique sans une société civile forte, pesant sur l'éxécutif. Comment fait -on une démocratie sans un bloc nommé opposition, un bloc qui fait fi du nombre de députés à l'assemblée nationale. Une démocratie sans collectivités locales autonomes?
Allez, moi, je n'y comprends plus rien.
Repose en paix, société civile togolaise.
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