Le griot de Pagouda, notre patrimoine fiche le camp
Normalement, je devrais m'extasier, comme j'ai vu plusieurs personnes le faire sur youtube, devant les prouesse musicales de l'artiste, qui arrive à produire ce son rien qu'avec cet intrument. Si je le fais, je suis soit hypocrite, parce que comparée à d'autres instruments, la guitare, le violon, la cora ou même le balafon, c'est plutôt pouet pouet comme dirait l'autre, soit je suis un fier défenseur de notre culture. Dans ce cas, je serai même disposé à trouver dans le pêt lâché par un bouseux après avoir ingurgité la veille quantité de véyi*, de belles notes musicales, le vent laché par le type étant africain, bien entendu.
Donc, extasions-nous, inclinons-nous devant ces prouesses musicales, ou pourfendons-les, en moquant ces Africains qui, non content de n'avoir pas inventé la roue, malgré qui soient tombés dans le berceau de l'humanité (comme Obélix dans la marmite) ne sont pas fichus de trouver des instruments de musique dignes de leur émotion.
Après toutes ces élucubrations, je ne serai pas plus avancé.
S'il est une raison pour laquelle je suis d'accord avec le phénomène éthique, c'est bien la culture de la diversité, et dans une certaine mesure, la préservation du patrimoine.
Et c'est là que se joue le drame dans notre pays. Ce patrimoine fiche le camp, par la porte de derrière que nous avons oublié de fermer. Ce gars est mort depuis quelques années, et personne (enfin, à ma connaissance) n'a repris le flambeau. Et c'est bien dommage.
En attendant, merci à youtube et au numérique de nous aider à gouter encore ces rythmes qui ont bercé notre enfance.
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