Acte premier
Au réveil je te découvre
Telle une naïade surprise par le retrait de l’onde
Tu es là, à mes cotée, allongée, échouée
Je réalise un instantané de cette enfance que je n’ai pas connue
Puis tu lèves une paupière, et une autre, ensuite le trou noir
Je te secoue, un petit peu, et m’enivre du baume de ton corps
Alors, tu éclaires la pièce de ton regard, et me demande l’heure
Je te l’envoie à la volée, en y ajoutant une demi-heure
Tu te rendors.
Je te redécouvre, avec cette moue que tu fais : boudeuse
Puis je quitte la chambre, ton corps plein les yeux.
Dans le couloir, je croise Noelly, la bonne
J’ai presque envie de lui dire combien je t’aime
Mais elle me prendrait pour un demeuré
Alors je passe mon chemin
En chantant faux comme d’habitude.