Voyage à Ouaga, chez les hommes intègres

Publié le par Gerry

IMAGE 00019Un vrai périple, que ce voyage. D'abord, une idée de moi que celle-le. Faire le trajet en véhicule. Avant de partir, je demande à mon chauffeur.
Es-tu certain que les papiers de la voiture sont en règle.
Oui patron, qu'il me dit.
Vers Anié, il se rend compte que la visite technique est périmée.
Pas grave, patron.
Frontière togolaise, quelques problèmes, mais ça passe. Frontière Burkinabè, ils me disent que la voiture n'est pas à mon nom. Je peux pas passer. toutes les pièces sont en règle, mais il faut que la voiture soit à mon nom, ou que j'ai le papier qui prouve le prêt. Je commence à expliquer. Finalement, je dis au type que moi aussi, je suis corps habillé, croyant faire jouer la fraternité d'armes.
Ah bon, vous avez votre titre de permission?
Non, je suis en disponibilité.
vous avez le papier.
Que non, je me balade pas avec.
Il nous faut ce papier, monsieur.
Allez, j'ai compris. Faut pas insister. Demi-tour, direction Lomé. Arrivé vers 5h. Réservation de billet d'avion à 11h. C'est bon.
J'y suis à 21h. Arlène (ma femme qui était à Ouaga en mission) est radieuse. C'est son anniversaire. Fatigué, petit tour dans la ville, qui est éclairée comme un sapin de noel. Je me steake un restaurant américain, cadeaux et retour à l'hotel.
Première remarque, ça fourmille de hotspots ici. Et certains sont gratuits, en haut débit. Un service offre même du haut débit pour toute la ville, pour 5000F/mois.
J'enrage. C'est Ouagadougou quand même, et la fibre optique, elle passe dans l'océan, donc devant mon nez. A Lomé, internet est encore un luxe...inaccessible. Je suis vraiment furieux.
Lendemain, et les autres jours. Visite de la ville. Séances de travail avec M Somé, le sympatique directeur d'harmattan Burkina. IMAGE 00022
Voila des gens que nous avons besoin pour nous pays, qui comptent sur leur propres énergie. Que du bonheur, instants magiques passés à s'entendre par demi-mots.
Ce qui est surprenant, c'est la propreté de la ville, et ses grandes rues. Ce n'est pas encore une petite ville américaine, mais une ville moyenne française. Les rues sont tracées au cordeaux. La propreté est sidérante.
L'aménagement de voies réservées aux deux-roues est bien pensé, et il faut croire que les hommes intègres, non contents d'être intégres, sont disciplinés. Ils se sont interdits les Zemidjan, m'a confié un taximan. Résultat, trafic plutôt fluide.
La mairie fait du vrai travail (ah, ces élus locaux), avec son bras armé, la police municipale, qui ne rigole pas.
Contrairement à notre presse écrite, leur journaux sont de plus petits format, avec plus de pages. Il faut souvent aller dans les pays pour se rendre compte de la contestation en direction du pouvoir en place. J'ai trouvé leur journaliste plus conséquents, en globalité, bien entendu. Cette démocratie là me plait. Mais ils ont eux aussi une échéance majeure, en 2010, avec la possible modification de l'article 67? (limitation de mandats); je sais plus.
Un jour, les villes africaines rivaliseront sur le critère de nombre ...d'échangeurs. C'est une question de fierté nationale. Au Benin, les gens magnifient le régime de Yayi Boni par le nombre d'échangeurs construits. C'est la même chose à Ouaga. Il y a deux en chantier, et un de déja achevé. Une leçon pour tous les leaders politiques. vous voulez être aimés, construisez des échangeurs.
Quelques anecdotes quand même. Un serveur indélicat au restaurant ivoirien a voulu se faire payer une partie de la bouffe hors facture. La gérance de l'hôtel Splendide, a fait passer le tarif de la chambre de single à double dès le jour où je suis arrivé. On ne l'a constaté que lorsque je suis déscendu pour payer la facture. Comme c'est ma femme qui était au départ, je leur ai demandé s'il montent les prix chaque fois qu'un mec fait monter une minette dans sa chambre. Je les ai embarrasé et j'étais bien content de moi. Les femmes sont ségrégués partout, et c'est pas normal. Un mec qui fait monter une minette dans sa chambre pour deux ou trois jours ne se fait jamais taxer. Bref.
Retour Samedi nuit sur Lomé. De l'avion, la ville ressemble à un atoll perdu au milieu de l'océan. Heureusement qu'il y a les puissants lampadaires du port pour donner le change.
Un motif de satisfaction tout de même. Notre aéroport est plus moderne et plus entretenu que les leur. C'est vrai, sauf qu'il est en refection, le leur, à grande vitesse.
Ma conclusion. Nous pouvons faire mieux. Ensemble, avec de la volonté.
Ah! ces élus locaux. Des gouverneurs de régions, des président de conseils généraux (pour les préfectures) et des maires, des maires et des conseillers municipaux. Rien qu'avec ça, nous tranformons ce pays dans cinq ans, en nous inspirant de leur exemple.
Dieu nous garde.

Publié dans Info togolaises

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Letsaa La Kosso 30/12/2009 14:48


Bonjour Gerry,
Je vous ai lu sur le blog d'Obambé Gakosso puis j'ai suivi le lien pour atterrir sur votre blog. Ah, comme ça même au sein de la CDEAO il y a ce genre des expériences aux frontières?!
Bien le salut.