Hommage à Ephrem Seth Dorkenoo, poète togolais

Publié le par Gerry

100 0118Allez, jeter ces notes hâtivement avant de sortir

La soirée en hommage au poète a finalement eu lieu. Voir les photos dans mon album facebook.

Ah, qu'ils sont beaux les Togolais, quand ils se décident à être grands. Le rendez-vous a tenu toutes ses promesses. La salle réservée au Centre Culturel Français, trop exigüe, beaucoup de personnes sont reparties, dépités de ne pas trouver place assise.

Et les comédiens, et les comédiens alors. Clémentine à la voie d'or, Adama au gestuel de tribun (tribune?), Eklounaté à la posture magestueuse, et Aloassio, Aloassio, si impérial Ah, ces artistes que nous avons là, et que nous ne consommons pas. J'ai rêvé d'un théâtre au Togo. J'ai revé, comme Kangni le dira plus tard dans la soirée lors d'un coup de gueule magnifique, d'une académie des arts et lettres à Lomé.

Et puis, que du beau monde, une brochette de d'anciens ministres (Koffigoh, Freitas, Aïdam, Péré) et de ministres en activité (Agba), des diplomates (Kangni Alem, Bienvenue de la Francophonie) des artistes, des éditeurs, des universitaires, la famille, les amis... tous réunis pour dire merci.

Allez, je file. Une soirée réussi donc, où même moi, qui n'a pas les muses comme meilleures amis, je me suis retrouvé à déclamer.

Voici donc ma bafouille.

Pupille de la nation

Rêve d’innocence, rêve de naissance

Même  au berceau, babillant à suffisance

On devinait déjà, à l’inclinaison de la tête

Que le bout de choux ne sera pas bête

 

Puis vint l’école, premiers pas vers l’inconnu

La directrice, sceptique, te souhaite la bienvenue

Mais elle avait tort, car tes notes tiennent du génie

Et la nation, fière, te présente alors comme un pain béni

 

Pupille de la nation, contre la faiblesse tu étais en révolte

Ainsi le bac, tu l’arraches comme au 100m un Usain Bolt

Ah, que reviennent ces veillées rouges, ivres d’insouciance

Où l’avenir s’ouvrait à la vie, lendemain d’indépendances

 

On dit de toi que tu étais un éternel pionnier

En informatique à coup sûr tu étais un premier

Et la nation, fière et reconnaissante de tes facultés

N’hésite pas à te confier des responsabilités

 

Tour à tour, tu seras ainsi directeur, directeur, puis ministre

Au fond de la brousse, s’enfuient à tout va les esprits sinistres

Cet homme est donc trop fort, disent-ils en grognant

Aucun de nos maléfices ne puit ralentir son élan

 

Mais l’homme en vérité est habité par le feu sacré

Les muses à lui seul ont confié leur précieux secret

Ainsi le sang d’escargot ruissellera sur Sitou déchainée

Et qu’adviendra de la rose bleue pendant toutes ces années

 

Pupille de la nation, je te salue bien humblement

Car pour nous autres, si jeunes, tu fus un serment

Mais la nation, fière, te présentant comme un pain béni

A l’heure de l’holocauste, t’a jeté dans le puits de l’oubli

 

NDA. E.S. Dorkenou était le directeur des éditions la rose bleu, et ses trois recueils sont: Sang d'escargot, sitou, et l'adviendra.

Publié dans Info togolaises

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