Silence, on joue la comedie chez nos opposants

Publié le par Gerry

pauvret--.JPGVoici une photo (attention, it is a joke) de ce qu'aurait été nos opposants, s'ils avaient grandi dans la même concession. De très bons amis. Cinquante ans plus tard, plus rien ne marche. Il est impossible de les unir, non pour sauver le Togo, les présidentielles ne nous sauveront pas sans un travail en profondeur, mais au moins pour donner à notre démocratie des chances de mieux s'exprimer.
Ah! oui, je vois certains me dire qu'ils ne sont pas responsables du scrutin uninominal à un tour, qu'ils ne sont que les victimes et titi quanti. Ah oui? Mais de quoi diable ont-ils discuté en août 2009 à Ouaga? Et pourquoi le leader de l'UFC avait-il pavoisé à l'époque, disant, je cite:"Nous avons fait beaucoup de progrès ces derniers jours à Ouaga. Nous n'avons pas résolu tous les problèmes mais nous croyons que dans les mois à venir, nous allons nous revoir avec le facilitateur pour améliorer cette situation. Il y a des points qui restent en suspens, par exemple, est-ce un scrutin à un ou à deux tours ? Nous continuons la réflexion et avec un peu de chance, nous allons trouver une solution qui convienne à tout le monde. Nous nous sommes mis d'accord sur la composition de la CENI, le nombre des membres" La décision d'un ou de deux tour donc devrait faire l'objet d'un consensus, c'était une option, pas une condition. Et ceci se passait en aout, soit huit mois avant les élections. Alors que les les jours déja étaient comptés, on s'est gargarisé du lever d'écrou sur l'éligibilité, au détriment de l'essentiel. Mais bref, ça, on en a parlé, j'en ai aussi parlé sur ce blog.
Les dévéloppements de ces derniers jours sont hallucinants. Pendant que le pouvoir bat campagne (distribuant tous azimuts argent et cadeaux), l'opposition perd son temps à ouaga. Aucune mobilisation de militants, aucune présence sur le terrain, en dehord de Habia qui fait parler de lui, et comment?
Les discussions sur le mode de scrutin ont échoué, ce qui était prévisible. Mais pendant ce temps, c'est deux mois de précampagne perdu sur le terrain. Ensuite, là où la logique perd sa raison, c'est que si on accuse le RPT de frauder, rien ne l'empêche de le faire soit au premier tour (un petit 51%, hein?) ou au second tour. Ce n'est pas le mode de scrutin qui rendra l'élection crédible (même si on reconnait que les deux tours sont plus conformes avec l'idéal démocratique qui repose sur la majorité), mais les garanties et les procédures anti-fraude. Ce qui commence par l'envoi de techniciens informatiques expert en bases de données et/ou en statistiques à la CENI. Passons.
Les deux dernières semaines, il y a eu révision de listes électorale. Je m'attendais à avoir les maisons envahies par des hordes de militants, incitant les gens à aller l'inscrire. Que néni? Mais où sont-ils donc, ces militants? Par contre, à la fin du processus, l'UFC (ce n'est pas une obsession, et je me retiens) demande tout simplement la reprise des opérations, au motif de, je cite:
« L’UFC craint que, l’organisation de l’élection présidentielle dans ce contexte de désordre délibéré ne constitue une sérieuse menace pour la paix, la sécurité et la réconciliation au regard du mécontentement déjà palpable observé chez la jeunesse et les omis des listes », souligne la lettre signé du premier vice-président Patrick Lawson
Donc, la menace de violences post-électorales est à peine voilée, sauf, sauf que: (hum, c'est dur), d'une part, les observateurs s'accordent à dire qu'il n'y avait pas foule dans les centres de révision des listes, des mauvaises langues sont mêmes allées dire que c'est parce qu'on distribuait le riz c'est mon Faure que les gens ne sont pas allés s'inscrire (où sont les militants?), d'autre part, M Homawoo, le représentant même de l'UFC à la CENI dans une interview, a reconnu que l'organisation technique de la révision était baclée. C'est la faute à la CENI, et non à un parti ou à un autre. Il ne faut pas non plus diaboliser le RPT à tout va, non?
Bref, l'UFC, tout en contunuant à conditionner sa participation aux élections a l'adoption du mode de scrutin uninominal à un tour (je retiens que rien que cette année, ce parti a, à trois reprises, posé des conditions siné quanon qui n'ont jamais abouti - égalité de la représentation de l'opposition à la CENI, élection d'un représentant de l'UFC à la tête de la CENI, election de mgr Barigah au même poste, ) sinon, c'est la rue, dénonce les ratés de l'organisation des révisions des liste uniquement dans la zone 1, région sud, au motif que c'est la zone de son électorat. Il faut donc comprendre deux choses, la première est que les autres régions ne rentrent pas dans les plan de conquête de pouvoir du leader politique (je m'interdis d'autres conclusions). Le seconde est que l'UFC suppose que la CENI fait exprès (même si on parle de groupes électrogènes en panne, d'imprimantes HS, d'imprimés livrés avec retard) pour désavantager son électorat. La conclusion à en tirer (et là, c'est grave, je me tiens la tête), c'est que quels que soient les résultats que la CENI donnera aux lendemains du 28 février, si l'UFC n'est pas gagnante, c'est qu'il y aura eu triche, donc contestation populaire. (même si c'est Yamgnane, Agbéyomé ou Hospice Coco qui est donné victorieux).
C'est la quatrature du cercle.
Quand je pense qu'il leur suffit de faire une assise, de se parler à coeur ouvert, et choisir un candidat. L'écrivain Kangni Alem me racontait une histoire, qu'il aurait découverte quand il préparait son roman "esclaves" (que je vous recommande chaudement d'ailleurs). Il m'a dit que les esclaves au Brésil s'étaient à plusieurs reprises rassemblés pour mener des revoltes, mais que celles-ci n'avaient jamais eu lieu parce que les esclaves n'arrivaient jamais s'entendre pour désigner les chefs. Les soulèvements mouraient ainsi dans l'oeuf. La seule revolte a avoir été organisée fut celle menée par Santana (revolte de Bahia)...un mulatre. Plusieurs siècles après, les choses n'ont pas vraiment changé sous nos cieux.
Je n'aurai pas dû intituler ce billet "on joue de la comedie", car c'est de nos vies qu'il est question, après tout. hein?. Comment donc éviter le drame?

Publié dans Info togolaises

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CRITICAFRIC 31/12/2009 15:45


Tres belle article et sachez que nous suivrons tout ce que vous publierez? Du courage et soutient fraternelle.
Passez une bonne fete de fin d'année et heureuse année 2010; QUE LE SUCCEES VOUS ACCOMPAGNE DANS TOUTES VOS ENTREPRISES