Retour de Chine

Publié le par Gerry

 

http://cache.virtualtourist.com/1135615-Busy_street_in_Guangzhou-Guangzhou.jpgQuelque part au dessus du Soudan. : L’avion ronronne paisiblement. Quatre heures de vol sur neuf. Le sommeil s’est enfuit comme un amant éconduit. J’ai beau fermer les yeux, ça ne prend pas. Cet avion est une merveille.

La Chine, d’où je reviens, m’a pris aux tripes, m’a renversé, puis, échevelé, couché sur le dos, j’ai regardé la splendeur de ce peuple millénaire comme un enfant découvrant la galaxie. Si la France, et tous les pays occidentaux que j’ai visité m’ont impressionné, surtout par la majesté des monuments et autres châteaux, la Chine m’a remis à ma place et conquis. Remis à ma place parce qu’en une semaine, j’ai rapidement pris conscience de ma nature lilliputienne.  Dieu, les Chinois sont nombreux, et quand on se retrouve parmi eux, à côtoyer des milliers de vies en de si petits espaces, on réalise assez bien combien on est petit, insignifiant, rien. En Chine, on ressent l’infiniment petit. La réalité est qu’un moment, je me suis retrouvé dans la peau d’une fourmi, perdu dans la fourmilière, insignifiant. La Chine m’a conquis par l’affabilité des Chinois.  Alors que dans mes pérégrinations, la couleur de la peau se reflette toujours comme un miroir dans les yeux d’autrui (occident, Maghreb) ici, le regard est chaleureux, humain. Un regard d’homme face à une homme. Attention, je ne dis pas que les Chinois ne sont pas racistes, je n’en sais rien, mais ils ne sont pas supérieurs. Ce peuple conserve encore la chaleur de relation humaine qui nous caractérise nous autres, pays pauvres, et c’est rafraichissant.  Ensuite, je me demande comment un jour quelqu’un a pensé à imposer la collectivisation à un peuple qui a autant d’aptitude au commerce. Si je devais m’écouter, j’allais dire qu’en Chine, il n’y a que deux activités, commerçant ou ouvrier des TP. Les Chinois vendent tout et construisent tous les jours. Quand je pense que notre hôtel du 2 février, avec 36 (en réalité il y en a moins) étages, on fait le fier. Rien qu’à Guangzhou, je ne sais pas combien de trois fois notre gratte ciel on peut compter. C’est la folie.

A Guangzhou, j’ai fait une rencontre curieuse. Au départ, mon contact à Lomé m’a vaguement parlé d’un jeune Malien que je trouverai sur place, et qui m’aiderait un peu. J’ai ainsi pensé aux jeunes qui partent à l’aventure, et qui font office de guide au commerçant un peu perdu. Le lendemain, quand le jeune homme s’est présenté, il roulait une bagnole tellement impressionnante que je n'en connais pas le nom. Un truc qu’on me donnerai je ne prendrai même pas, pour ne pas avoir à me les casser pour importer les pièces de rechanges. Mais ce n’est pas ce qui fait l’exceptionnalité de ce garçon. En effet, alors que sa tenue vestimentaire (hip hop, pantalon taille basse, T-shirt et gadgets derniers cris) aurait pu le prédisposer à une vie dissolue, faite de belles filles et d’alcool (car il gagne relativement bien sa vie) il fait plutôt preuve d’une sobriété exemplaire, et d’un réserve envers la gente féminine plutôt surprenante. Mais ce n’est toujours pas ce qui fait son exceptionnalité. Celle-ci tient de sa culture et de ses sujets de diversement. Durant quelques jours, nos discussions ont essentiellement tourné sur le développement, la gouvernance, le miracle chinois (tiens, j’oubliais, il parle le cantonais parfaitement, sans accent) et sur l’histoire. Sa connaissance de l’histoire est phénoménale. Chez lui, il y a plus de documentaires historiques que de films d’actions ou de clip hip hop dans son disque dur. Son aventure est extraordinaire. Un bon journaliste en tirerait un excellent livre, qui peut inspirer notre jeunesse. Ah ! si seulement il se rendait compte de son potentiel, ce gaçon, et se décidait à nouer des relations un peu plus intellectuelles et plus responsable avec d’autres Chinois, il ne sait pas la Chance qu’il a, et le role qu’il peut jouer dans les futures relations Sino-Africaines. Car il va sans dire que si éventuellement nous voulons nous inspirer d’un modèle, c’est bien du chinois qu’il faudrait prendre pour notre développement.

Voila. L’avion est au dessus du Darfour. J’ai des frères d’armes en bas. Pauvre région si éprouvée.

La Chine ? Je pense que j’y retournerai, pour le pays. Cette fois, j’y étais pour affaires. Pas une photo, zéro repas chinois, qui est pourtant exquise. Je n’ai mangé aucune bizarerie. Le seul langage employé, a été celui de la calculatrice. 

Ah oui, ça, c’est le conseil que je vous donne avant de fermer cet billet. Si un jour vous partez en chine pour affaires n’apprenez pas le mandarin, tenez une calculatrice. Le reste se fera tout seul. J’exagère un peu. L’anglais y est bien parlé, par presque tous les jeunes vendeurs de magasins.

Allez, que Dieu bénisse les Chinois, peuple industrieux, fier et digne.

 

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David 24/06/2010 15:13



Gerry, j'aime te lire car c'est infiniment enrichissant.


David