Prix littéraire de la Saint-cyrienne 2010: Le Togo y était.

Publié le par Gerry

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"Je vais terminer par le « Parcours de combattants » du Capitaine Gerry TAAMA de l'armée togolaise.
Brièvement car je sais que notre camarade nous en parlera en orfèvre dans quelques instants, et du Togo, pays ami, avec qui nous avons tant de liens.

D'aucuns parmi nous pourraient tordre la bouche : un roman !
Eh bien, nous avons jugé que nous tenons là une vraie fiction particulièrement attachante et sympathique: un petit roman bref et bien enlevé qui se lit aisément et avec grand plaisir.

Et surtout, ce qui est important pour le jury de la Saint-Cyrienne, un livre de sang et de soldats, dont le ton est extrêmement juste: aucune erreur grossière sur la nature des missions; une observation étonnamment précise des rapports humains, des frottements, des bonheurs et des blessures intellectuelles et psychiques que ce type d'opérations provoquent chez les protagonistes.
Bref une fiction, avec les conventions du genre, mais vraisemblable, bien observée et qui n'omet aucune des réalités et des ambiguïtés des opérations de paix.
Étonnant et très prometteur chez un officier si jeune et pour un premier roman !


Je vous le recommande donc très chaleureusement et je propose que nous applaudissions et félicitions notre camarade et bazar Gerry TAAMA

♣ ♣


Général de corps d'armée Robert Meille
Vice-président du jury"

C'est en ces termes donc que j'ai été introduit, samedi dernier, place de la Rotonde à l'Ecole militaire, devant un parterre de grands anciens et de sommités de la hierarchie militaire française que je n'aurai sans doute pas cotoyé si aisément.
Il y avait quelques mois que j'avais été contacté par la saint-cyienne, grande association qui regroupe tous les saint-cyriens du monde entier (des milliers d'anciens élèves). Pour mémoire, l'Ecole spéciale militaire de saint-cyr est la grande école de formation des officiers de l'armée de terre. Créée en 1802 par Napoléon, cette prestigieuse institution a formé tous les grands noms qui ont écrit en lettre d'or les faits d'armes non seulement de l'armée française, mais des armées du monde entier, puisque l'école forme des élèves officiers issus des quatre coins du monde.
Donc, sollicité par la saint-cyrienne pour présenter mon roman, "parcours de combattants", à ce concours, j'ai aussitôt répondu par l'affirmative, ne croyant pas trop, car les oeuvres primées à ce jour, ont toujours été des précis historiques très fouillés, présentés par des officiers supérieurs français diplomés d'écoles militaires et d'autres grandes universités. J'ai donc été agréablement surpris lorsqu'il y à deux semaines, j'ai reçu un courrier m'annonçant que mon livre avait été retenu dans le trois premiers, et que j'étais ainsi invité à prendre part à la remise des prix. J'aurai du temps de parole, je pourrai même parler du livre, et de mon pays.
L'occasion est belle. Pour la première fois, un ancien élève étranger, et africain, et Togolais, est invité à cette instance. Je ne me pose pas la question. Je fais ma réservation, et m'envole pour Paris.
J'aurai la seconde place, rang que je partage avec le grand roporter Jean Paul Mari, pour son livre "sans blessures apparentes" publié chez Laffont. Le jury n'a pas réussi à départager. Le premier prix revient au capitaine Montagnon, pour un livre consacré à la seconde guerre mondiale "la France de 1939 à 1945", une oeuvre qui a nécessité 25 ans de recherches. La cérémonie est belle, le publique de très haute facture.
ça y est. Je viens d'être présenté. A mon tour de remercier, de dire ma fierté d'être là, et de parler du Togo, ce petit bout de terre là bas, si loin, et si vivant dans mon coeur. Ce bout de notre planète, si secoué et si charmant, ce peuple méconnu, si chaleureux, si charitable. Voila, ça y est. J'en ai fini. Le champagne va couler, je vais serrer les mains de chefs militaires que je ne voyais qu'à la télévision. Ai-je donné à l'assemblée l'envie de nous connaître, et de nous comprendre? Je ne sais pas. Un général (s'approche de moi, et me souffre à l'oreille)
- Jeune homme, ma femme lit souvent votre blog!
Là, je suis fier comme un peul. Afin que le grain ne meurt, et que le verbe reste.
Tous les exemplaires du roman seront achetés, et je me mordrai les doigts d'en avoir pas apporté plus.
J'ai une grande reconnaissance à l'endroit du général Meille, devant qui je me suis retrouvé tout tout petit pour avoir pris l'initiative de consulter sa biographie avant de me rendre à la remise de prix. Son cursus est impressionnant. Ma reconnaissance va aussi au colonel Risterucci, chargé à la saint-cyrienne des élèves étrangers, qui est un modèle d'efficacité, mais surtout d'enthousiasme, preuve que le panache si chèr au coeur de nous autres saint-cyiriens ne l'a point quitté. Et j'ai eu le privilège d'échanger avec un autre monument, le colonel Jacob qui a passé autant que mon age en Afrique.
Voila, que du bon moment, avec un public de haute facture, et une impression savoureuse d'avoir réussi quelque chose.
Mais c'est le soir, quand je me suis retrouvé devant l'ordinateur et sur internet que j'ai vraiment réalisé la nature de l'évenement. C'est que des trois nominés, j'étais le seul à ne pas figurer dans wikipédia, à ne pas avoir à mon actif plusieurs prix (Montagnon est lauréat de l' accadémie Française, Mari à plus de six prix, dont deux de reporters de guerre), et bien entendu à ne pas être un auteur de grand cru français.
Là, je me suis réellement rendu compte de la valeur de cette distinction, et plutôt fier alors de l'avoir dédiée à mon pays. Par les temps qui courent, ça nous rapporte un peu d'air frais, non?
Lien de l'évènement sur le site de la saint-cyrienne ici

Publié dans Coups de coeurs

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