Les larmes ont surpris mes yeux, acte 2

Publié le par Gerry

Lomé. Un jour. une heure quelconque.

Le soleil brille, radieux. Les enfants courent dans la ruelle, pieds nus et insouciants. Les adultes ont dans la démarche, cette  langueur inexplicable. la pluie n'a pas visité le quartier voici quelques mois, je peux ainsi envisager faire un tour dans Gbadago  -quartier situé dans uns dépression à Lomé. .En fait, je n'ai pas à m'en faire. Il y a deux ans, un lourd programme d'assainissement du quartier a été réalisé, avec des caniveaux, du drain partout où besoin était.

J'arrive à un carrefour, je veux tourner, mais je ne peux pas. Les fers de la grille des caniveaux sont complètement rouillés. Impossible d'avancer, même les motos ne s'y risquent pas. Et c'est ainsi le long de la route. Je suis obligé de faire un long détour. Les riverains me regardent avec amusement, et resignation.

IMAG0061[1]J'en pleure, intérieurement. Voila un projet qui a certainement couté des millions (à que je sais quel contribuable). Une entreprise, avec la complicité d'un bureau d'étude, et d'autres personnes dans des bureaux, ont fourni du mauvais matériaux, rendant la voix plus impraticable qu'elle ne l'était avant le projet. Et personne n'ira inquiéter cette entreprise. Dans deux ans, le même projet, dans la même localité, va être lancé, avec comme prestataire peut être la même entreprise. Les larmes ont surpris mes yeux.

Autres jour, même ville, même soleil radieux et faciès sombres. De la colombe de la paix, je descends le boulevard en direction de la lagune. Cette portion de route me rappelle les bosses d'un parcours de moto-cross, à l'époque où j'en faisais. Mais jusque là, les yeux se tiennent tranquilles, jusqu'à la surprise. Enfin, la double surprise.D'abord, tous les arbres bordant la portion de boulevard ont disparu (curieux, tout de même, car ils offraient une couverture végétale intéressante pour les riverains (enfin, je crois), et je ne pense pas qu'on leur ai demandé leur avis, bref), et les engins des TP ont fichu le camp. Quelques semaines avant le début de la campagne, cette portion de route avait été bloquée pour cause de travaux. Mais là, les travaux ne sont pas achevés, mais les camions se sont barrés. Je pousse la curiosité. Je descend du véhicule et taille bavette. En effet, les travaux sont, il parait suspendu. Les trous le long de la chaussée sont béants,cratères abandonnés. Là, les larmes reviennent. Je ne puis croire qu'on ait fait tout ça pour la campagne. Un commerçant grogne. La déviation a bousillé leur commerce. Ils ne vendent plus mais paient les impôts. Ils ne savent à qui s'adresser. je soupire et file, un peu honteux d'avoir ma baraque à Agoe, moi.

Mais ce n'est pas fini. Le soir, en allant chez mon mécano, je constate aussi que les poteaux électriques, érigés avant le 04, sont restés sans couronne. Ah, pourtant, ils avaient été érigés à une telle vitesse. C'est en ce moment que je me souviens que même à Agoue, et le long de la N1, les pieds de poteaux encombrent encore les terre pleins centraux, en attente d'hypothétique poteaux.IMAG0086[1]

C'est fini. Je n'en parlerai plus. De quoi devrais-je parler. De la mauvaise réalisation des projets publiques, et de l'absence de contrôle-sanction? J'ai mes yeux.

De cette pratique qui consisterait à lancer des travaux qu'on sait pertinemment qu'on ne puit finir rien que pour charmer ses compatriotes? ça, ça me dépasse, et je m'interdis de me prononcer sur la question. En ce qui me concerne, si un jour je me retrouvais dans une situation où il faudrait faire un tel choix, même avec l'assurance de l'efficience d'une telle solution, je crois qu'il se posera ni plus ni moins une question de mon reflet dans le miroir.

Publié dans Info togolaises

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David Kpelly 03/04/2010 02:49



Ben, que veux-tu, l'artiste? C'est ça ce bled-là que nous kiffons tant. Rien de potable! Tu sais pas? J'ai un pote ingénieur ici à Bamako qui m'a informé pendant la période électorale que les
mecs avaient même eu l'idée de plaquer des affiches pub un peu partout à Lomé sur des échangeurs à construire au bled, sans avoir eu de financement! Ce pays, mon Dieu! A force d'en parler c'est
la tête qui finit par vous faire mal... Que dire? Ca va aller, ça ment pas, comme le disent les frères ivoiriens. Félicitations pour le Prix de la Saint-cyrienne... Pour le Togo... Toujours...
Toujours...