Le piège se referme, mais pas sur ceux qu'on croyait.

Publié le par Gerry

J'ai les yeux tout petits à force de travailler devant l'ordinateur. Il faut que je souffle. Et puis, c'est Pâques, tout de même.

Tiens, jetons un coup d'oeil sur les journaux en ligne togolais. La marche de contestation d'hier aurait draîné une grande foule. C'est affaire là commence à devenir sérieuse. L'interdiction du toute manifestation à caractère de contestation du ministre de la sécurité a donc sauté. A la bonne heure.

C'est cependant une menace, plus grande encore contre le régime actuelle, qui se profile à l'horizon: c'est la montée en puissance d'une contestation qui, au lendemain des élections, n'emballait pas vraiment grand monde. Les Loméens risquent de trouver dans ces balades de samedi matin, un exutoire à un quotidien bien morose. Et à cette allure, les marches vont se gonfler de tous les frustrés, tous les mécontents, tous les insatisfaits qui, galvanisés par la relative retenue de la FOSEP, - les excuses et les regrèts du commandant de la FOSEP sont une victoire pour la démocratie, mais surtout pour les contestataires - vont se livrer à coeur joies à ces communions polulaires. Et il faudra aussi compter sur les badauds, les manifestant pour n'importe quelle cause, les curieux....

Vu comme c'est parti, ce mouvement risque de se transformer en, non plus une contestation des élections, mais un rejet du système par une partie de la population qui va de plus en plus oser la rue, si elle a la certitude de revenir en entier à la maison.

Et tout ceci pourquoi, et c'est là le piège, parce que les manifestations ont été réduites aux week-end, et au samedi, dans ce cas de figure. Je l'ai souvent relevé dans mes billets. L'interdition de manifestation en semaine est anti-constitutionnelle, peu pragmatique (les gens manifestent justement pour attirer l'attention sur une cause, et c'est pourquoi il faut que ce soit en semaine) et il faut dire (c'est mon avis à moi) pas très patriotique (ceci renvoie du pays une image d'Etat policier que nous avons normalement dépassé). Mais en donnant aux partis de l'opposition la possibilité de ne manifester que le week-end, on leur a fourni une arme de résistance exceptionnelle. S'il ne faut faire sortir les gens que chaque samedi, ça peut durer une éternité, une telle activité devenant  une bonne distraction de week-end dans une ville où il n'y a justement rien pour s'amuser. Et ça peut durer une année, surtout avec les têtus qui sont en pointe de la contestation. Si l'opposition avait à manifester tous les jours, il est évident que le mouvement se serait essouflé assez rapidement, l'appel du ventre et les obligations professionnelles finissant par l'emporter sur l'engagement politique.

Voila comment le piège risque de se refermer, mais pas sur ceux qu'on croyait.

Publié dans Inspirations

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article