La fin des temps, bienvenue dans le monde réel

Publié le par Gerry

http://www.togoone.com/imagestogo/imgcctogo.jpg

Notre pays est comme une femme qui réfuse qu'on l'aime, et qui veut coûte que coûte qu'on l'entende hurler dans le quartier.

Les préparatifs d'ouverture de ma société sur le boulevard m'absorbent tellement que je n'ai pas le temps de bloguer. Le ventre, quand tu nous tiens.

Dans un précédent billet, j'avais parlé de la fin des temps au sujet de l'accord historique AGO-RPT, soulevant que la colaboration de l'icone Gil avec le RPT marquait à coup sûr, pour des milliers de Togolais, la fin de l'espérance. Il n'en fut rien, puisque Fabre eut le bagou pour reprendre le flambeau, avec la même hargne et le même extrémisme que son mentor désormais vomi.

L'extrémisme est nuisible partout. Et dans le cas de Fabre, cette attitude est d'autant plus incohérente que son usage pendant vingt ans n'a rien produit de positif pour le peuple togolais.

Donc, ce n'était pas la fin des temps. Pas encore. Celle-ci est survenue dans notre pays il y a deux semaines, quand la cours constitutionnelle a juger bon de "démissionner " neuf députés, suite à la demande des responsables de leur ancien parti. Oui, là, nous avons touché le fond, et le temps s'est arrêté.

Je ne suis pas juriste (enfin, si, j'ai une maîtrise en droit quand même), je ne suis pas journaliste, et je n'aime pas trop les éternelles gesticulations du clan Fabre, qui ridiculisent l'opposition togolaise dans son ensemble, au grand dam de tous ceux qui veulent l'aider, mais il y a une limite à tout dans la vie, pour les citoyens d'un pays. Cette limite, c'est la loi. Parfois, l'exécutif, pour asseoir sa politique, tente de la transgresser, et on est bien à l'aise de s'en remettre à la cour constitutionnelle, instutition immaculée, qui n'a - à priori - en sus de son rôle pendant les élections, que la mission de s'assurer du respect de la constitution. La cour constitutionnelle, c'est notre épée de damocless qui gravite au dessus des institutions de la républiques et sur les responsables de ces institutions. C'est le visage de la justice et surtout de l'impartialité. C'est le dernier recours. Le dernier rempart avant le saut dans le néant. Et cette cour, cette vierge immaculé, a décidé de se maculer de la plus decevante des manières.

Je ne vais pas lister la litanie de denis de justice que cette décision de la cour constitutionnelle comporte, le groupe synergie Togo l'a si bien fait, qu'il suffit d'aller voir leur site pour comprendre le sujet. Mon inquiétude à moi est ailleurs:

Cette année, après la proclamation des résultats définitifs par la cours constitutionnelle, j'ai été de ceux qui ont invectivé Fabre, trouvant le manque de confiance qu'il avait envers cette cour, injurieux pour mon pays, vexé à l'idée que M Assouma, qui avait à plusieurs reprise donné des signes d'indépendance surtout par sa position sur la corruption, soit prétendument considéré comme n'étant pas en mesure de dire des résultats tels qu'ils sortaient des urnes. Je m'appuyais aussi sur le fait qu'en 2007, cette même cour avait rejété des recours faits par les deux camps, RPT opposition, à la suite des élections législatives.

La prise de position de notre la cour constitutionnelle sur ce dossier lui ôte dorénavant toute prétention d'impartialité. Comment demander encore à une opposition de faire confiance au jugement d'une si importante institution, quand dans un dossier aussi limpide, on s'attendait que les réquérants, les AGO, soit boutés au moins pour trois raisons.

La première est que les députés sont des représentants de la nation, (le mandat impératif étant interdit) par conséquent une personne extérieure au parlement, président national de parti ou pas, ne peut pas demander leur remplacement par d'autres personnes.

La seconde est que pour que la démission du député soit prise en compte, il faut que lui meme en fasse la demande auprès du président du parlement. Tous les députés ANC ont toujours nié avoir fait une telle demande. Comment se convaincre d'une action, quand son auteur affirme, de bonne foi, ne pas en être responsable.

La troisième est que dans sa lettre envoyée à la cour constitutionnelle, le président de l'assemblée nationale a eu l'honnêteté de préciser que les lettres en question lui avaient été transmises par le député Aholou (AGO), et non pas des députés en question, et que ces lettres étaient des photocopies, non datée, avec sur l'en-tête, la simple mention manuscrite du nom et prénom des députés. C'est à ce point hallucinant car il faut croire que n'importe qui peut se lever, imiter la signature d'un député, et le faire démissionner du parlement rien qu'en envoyant cette lettre au président du parlement.

En ne saisissant par les trois occasions pour bouter ce dossier (il y a d'autres, mais il faut allez sur synergie togo) notre cour constitutionnelle a arrêté le temps, dans notre marche vers plus de démocratie. Elle a ouvert une boite de pandore, celle de sa crédibilité que nous autres, naïfs (parfois) et surtout patriotes, lui accordions sans confession.

A qui profite le crime. A Gil, bien sûr, qui assouvit ainsi une vengeance personnelle, et mantient un chantage abject sur les 11 députés restant, car si tous les députés ont signé le fameux pacte, autant que tous les dissidents subissent le même sort.. C'est vil, c'est veule, c'est dégueulasse. Qu'on utilise ainsi les plus prestigieuses institutions de mon pays pour faire joujou entre ancien compagnons devenus riveaux a quelque chose de choquant. 

Faure et le RPT n'y trouve aucun avantage. J'ai entendu des journalistes dire que le RPT veut faire entrer dans la constitution ce fameux régime présidentiel tempéré. Diable, aujourd'hui le président togolais a la constitution la plus à son avantage, qui lui permet de se maintenir à vie, quelque soit la composition du parlement, à la tête du pays. Pourquoi irait-il ajouter un machin truc de présidentiel tempéré, qui est une coquille vide, car si le président à l'autorité de nommer celui qu'il veut au poste de premier ministre (c'est d'ailleurs déja le cas), il a tout intéret à avoir une majorité au parlement, parce que ce n'est pas le prémier ministre qui vote les lois. Et pour le moment, nous ne sommes pas encore retourné à cette période où le président gouvernait pas ordonnance. Ah, nous autres, togolais.

Bref, Gil est content, Faure perd sur toute la ligne, parce qu'il apparait encore comme un prédateur de la démocratie, et Fabre gesticule, en allant encore marcher aujourd'hui, pour entre autre, demander à ce qu'on lui remette le pouvoir. C'est à ne rien comprendre. Il y a pourtant un mois, les mêmes jubilaient parce qu'un ministre de ce gouvernement  (qu'ils ne reconnaissent pas) leur avait donné le précieux récipissé qui consacrait leur existence comme parti politique. J'avais même commencé à éprouver un certain plaisir à entendre Mme Ameganvi dire qu'ils allaient faire des tournée dans le pays pour consolider leur parti. Et là, patatra, retour à la case départ. Ah, nous autres, Togolais.

Ce que j'aurai aimé, dans ce bras de fer, c'est de voir les autres députés ANC démissionner en bloc, et amener dans leur sillage tous les suppléants. Gil, incapable de faire accepter au parlement des membres de son parti n'ayant pas été sur la liste électorale, aurait été bien emmerdé, et serait resté malgré tout avec ses seuls 7 députés. Tout le monde aurait été bien emmerdé d'ailleurs car la constitution et le règlement intérieur du parlement ne prévoient rien dans ce cas. (enfin, je crois) Et que personne n'aille prétendre que le départ des autres députés ouvre là porte à une modification de la constitution. Dans la configuration actuelle, le couple RPT/AGO a déja les 4/5° des députés. Mais pour faire quoi donc? Notre constitution est trop favorable au président actuel pour qu'il se risque à la modifier pour une abracadabrante question de Régime présidentiel tempéré. Ah, oui, j'oubliais, que les autres députés ANC démissionnnent, il faut mettre une petite équation qui s'appelle 800 000F CFA/mois. Ah, le ventre quand tu nous tiens (mais eux aussi? hein!)

En attendant, le vôte du budget attend. Le temps s'est arrêté. Parce que tous les repères ont volé en éclat, et que nous avons manqué de hauteur, à cause d'une bataille de chiffonniers.

Que Dieu ait pitié de nous.

Publié dans Info togolaises

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article