L'hommage aux morts de Cabinda, et après?

Publié le par Gerry

equipe togolaiseEn pensant au traitement de cette sombre histoire concernant notre participation à la CAN 2010, un souvenir me remonte à l'esprit. C'était en 2007 (je crois) j'étais encore en poste à Kara et je venais à Lomé en mission. C'était la finale de la CAN -17ans, Togo-Nigéria. Et je suivais le match à la radio, tout en abordant les hauteurs nord de Lomé. Tout d'un coup, la villa a été plongée dans le noir. C'était impressionnant car j'étais sur les hauteurs d'Adetikopé (pour ceux qui connaissent), Je me suis dit, le groupe va reprendre. Il doit y avoir un groupe (même deux, l'évenement est important) prévus pour une situation pareille. Il a fallut attendre près de cinq minutes, pour que la CEET (donc compagnie nationale) remette le courant et permette la fin du match. La coupure avait intervenu juste après que le togo ait encaissé un but, à la 85ème minute, et des esprit malveillants avaient même avancé l'idée d'un sabotage. Donc le courant est revenu 5mn plus tard. Le match s'est poursuivi jusqu'à la fin, puis au debut de la cérémonie de cloture, patatra, recoupure de courant, cette fois-ci pour longtemps. J'étais furieux, pour l'image que ça donnait sur le plan international de notre pays, et je me consolais uniquement à l'idée que les responsables de cette infamie prendraient, dès le lendemain, une raclée exemplaire pour leur manque de prévision.
J'attends toujours.
Voila, donc, le 14 janvier dernier, hommage solennel aux morts de Cabinda. C'est bien; ces cérémonies d'hommage. Nous devons honorer nos morts pour mériter nos vies. Que la nation témoige de sa reconnaissance et de sa compassion, que nous nous retrouvions autour de valeurs communes, il n'y a pas mieux que ces occasions pour nous rendre compte de la vanité de nos positions extrêmes, surtout sur le plan politique. Il n'y a qu'un seul intéret, celui du Togo, et de ses fils. Le reste n'est que, comme le dit les Anglophone, "a game", c'est un jeu. Si un père a plusieurs enfants qui se proposent à lui reconstruire la case familiale, l'important n'est pas forcement les plans, ou les petites querelles pour savoir qui a en a le meilleur et titi quanti, l'important, c'est la certitude qu'à le père de la volonté de l'ensemble de ces fils de construire la case. Cette certitude est suffisante. Où en sommes-nous, au togo. Avons nous la résolution de constuire la grande case familiale, où cherchons-nous plutôt à bâtir pour chacun, une petite case dans l'enclos familiale, tout en donnant à l'ensemble un aspect de désordre et de désolation, car chacun élevant son batîment selon ses moyens, son goût et sa sensibilité, et, c'est ce qui est sans doute angoissant, finissant par laisser notre père sur le carreau. Tiens, voila que je m'égare.
Hommage notional donc. Et ensuite? Dimas Dzikoto du journal Furum habdo a une fois de plus distillé avec intéligence et pertinence les diverses responsabilités dans l'orchestration de ce drame. Le peuple a donc besoin qu'on lui rendre compte. Des responsables togolais ont-ils des responsabilité dans ce drame? Il faudra le souligner, et prendre des sanctions idoines. L'Angola a-t-il, même involontairement, mis en danger la vie d'autrui en mentant sur la situation sécuritaire du pays. Il faut une poursuite judiciaire pour le déterminer. La CAF, par sa gestion désinvolte et inhumaine du drame, a-t-il porté atteinte à l'honneur du pays? Il faut des condamnations, et des recours judiciaire. Le FLEC a tué, le FLEC a blessé. Le peuple togolais est en droit d'accuser ce mouvement terroriste, et de demander des mesures contre le FLEC dans tous les pays où vivent ses membres et sympatisans. La France a certes ouvert une procedure judiciaire contre le chef du mouvement résidant sur son territoire, l'Angola a protesté (mollement) et la RDC leur a coupé les robinets, mais nous, ici, tout le monde parle de l'Angola et de la CAF, comme si on ne savait pas qui avait tiré. Ceux qui ont tiré sont les premiers responsables.
Bref, que va-t-il se passer. Vais-je encore attendre, comme pour 2007, qu'un jour des responsables de ces événements qui ne grandissent pas notre pays à l'extérieur soient chatiés pour leur négligence ou leur incompétence, ou cette fois-ci, les choses vont bouger.
Au moins, pour une raison, elles ne devraient pas en rester là. Cette fois, il y a eu mort d'hommes. Les familles sont en droit de savoir. Les familles sont en droit de porter toutes les plaintes qu'elles sentent nécéssaires pour connaitre la vérité. Sauf si elles cèdent au fatalisme courant dans nos mentalités, les choses normalement ne devraient pas en rester là, même si l'initiative de la sanction et de la poursuite judiciaire revient "biologiquement " à l'Etat, par son ministère public, tout du moins.

Publié dans Coups de gueule

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Malick Evarist Tchakpedeou 01/02/2010 15:03



Si Gnass était vivant !


 


Des fois on a besoin d’un chien méchant à la maison : Si Gnass était vivant, Issa Hayattou
et la CAF auraient eu un peu plus de respect pour nos familles éplorées et pour la nation Togolaise.


 
Si Gnass était vivant, Rodrigues Mingas leader du FLEC, actuellement à cheval entre la France et la Belgique (et qui continue à faire des déclarations arrogantes et sans remord) serait
déjà mort d’une toux ou d’un rhume, ou bien encore d’une noyade dans son lavabo… ou tout simplement d’une balle dans le crane...
Non, sincerement !!!