Flair-play en démocratie

Publié le par Gerry

Il y quelques jours, je parlais de ma vision chevaleresque de faire la politique. Ce matin encore, je pensais à un incident provoqué dans notre pays par la sortie malheureuse du leader de l'UFC, sur RFI, sur la préfecture d'Assoli. J'avais mentionné cette erreur du politicien dans un post précédent.
J'ai été surpris, une semaine plus tard, de lire un communiqué (lire ici) des chefs cantons de la préfecture d'Assoli, qui interdissait à M Olympio l'accès à leur prefecture. Comme le dit si bien le journaliste, cette position est contraire aux dispositions de l'article 22 de notre constitution qui jsipule que:
« Tout citoyen togolais a le droit de circuler librement et de s’établir  sur le territoire national en tout point son choix dans les conditions définies par la loi ou la coutume locale. »
Une telle sortie devrait donc normalement valoir un rappel à l'ordre du gouvernement, en l'occurence celui de l'administration territorial. Mais ce à quoi je m'attendais, c'est à une réaction globale des acteurs politiques. Dans un premier temps, des autres partis de l'opposition, dans un élan de solidarité, car la lettre des chefs traditionnels de l'Assoli s'attaque à ce que nous avons de précieux, les principes fondamentaux en démocratie, la liberté de circulation.
Malheureusement, aucun leader d'un autre parti de l'opposition ne s'est senti interpellé par cette attaque à nos libertés. Absence de flair? C'est à croire que ce qui fragilise un autre responsable politique est bon pour les autres, mêmes s'ils sont du même bord, même si la démocratie est visée.
De même, qu'est-ce que c'aurai été beau, que le RPT entre dans ce débat, pour condamner cette sortie des chefs traditionnels.
Au dela de la polémique, c'est le statut véritable des chefs traditionnels qui me pose des soucis. Gardiens des us et coutume dans un pays dépourvus d'élus locaux, quels sont leur attributions véritables, tant dans la mobilisation des ressources pour le développement local que pour la sauvegarde des valeurs démocratiques.
Les chefs traditionnels sont-il les représentants des populations de leur cantons, villages et quartiers?
Il me faut trouver la loi portant sur les statuts des chefs traditionnels au togo.

Publié dans Info togolaises

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Gerry 08/12/2009 12:11


celle-la, je ne la connaissais pas. Je crois qu'il faut que je me penche sur la démocratie made in Gabon. Faut croire qu'il y a des choses interessantes qui s'y passent.
tu me diras.


Obambé GAKOSSO 08/12/2009 12:05


Je souris en lisant cela car j'ai pensé à l'ex-ministre de l'Intérieur gabonais, André Mba Obame. Hier, en servant le père, il avait interdit à l'activiste Marc Ona Essangui de quitter le
territoire gabonais. Ce dernier avait porté plainte. Aujourd'hui, le prénom du chef a changé, mais la justice aussi. L'Etat gabonais a été condmané et par la même occasion, le ministre d
el'Intérieur d'hier, devenu à la mort du père Omar... opposant. Il dit regretter aujourd'hui ce qu'il a fait hier.
Ainsi va la vie.
O.G.


Gerry 03/12/2009 16:53


Je suis parfaitement d'accord avec toi. Mais allez comprendre comment nous faisons la politique dans notre pays.
si les autres partis avaient fait un buzz sur la question, je pense qu'il y aurait eu une réaction du gouvernement. Encore que...


Sami 03/12/2009 15:55


De tels propos de la part d'un leader politique de premier plan témoignent d'un mépris profond (qui s'exprime peut-être malgré les précautions de son auteur), mais ce serait regrettable que les
populations concernées répondent par une interdiction de leur territoire au candidat au lieu de lui infliger la sanction des urnes. Partout dans le monde, un mot, une phrase, peuvent faire le
bonheur ou le malheur d'un candidat, mais c'est aux urnes que cela s'exprime. Ce serait un précédent dangereux si cette interdiction n'était pas levée, si G. Olympio ne parvenait pas à faire
librement campagne dans ce "petit village".