Fin du rêve d'Afrique.

Publié le par Gerry

http://57.img.v4.skyrock.net/573/caralhodeportos/pics/1921766085_small_2.jpgRêve d'Afrique, ce soir, tire sa révérence.
Depuis 2007, j'ai entretenu cet espace, dans un premier temps sous pseudo, puis sous mon identité véritable, avec passion, application et parfois, une certaine objectivité que vous avez relevé.
Pendant trois ans, j'ai d'abord et avant tout parlé de moi, puis de l'Afrique, telle que je voyais ce gros continent de ma lorgnette de broussard. Puis, avec le temps, j'ai axé mon analyse sur le Togo. Par ce que c'est mon pays, et que je partage le quotidien de ces peuples fabuleux, qui ont la charité et l'hospitalité chevillées au corps. Peuple candide, simple, avide d'amour et de rêve comme tout être touché par la grâce.
Il y a quelque mois, un jeune éditeur, dont je revèlerai le nom à la fin de ce post, m'a convaincu, avec quelques amis, de mettre les billets de ce blog sous papier.
Ils trouvaient d'une part qu'il y avait des analyses que des personnes très peu familières avec internet trouveront intérêt à lire, et surtout, et c'est l'argument qui a prévalu, c'est que le système d'archivage d'un blog rend pénible la lecture des anciens articles, et l'existence d'un moteur de recherche ne résoud guère le problème, puis qu'il faut savoir exactement ce qu'on recherche pour utiliser un moteur.
J'ai dit à ces amis, que je mettrai fin à l'existence de rêve d'Afrique, au lendemain des élections présidentielles togolaises.
En effet, durant une année, sans le vouloir réellement, je me suis mis dans la peau d'un analyste politique, et j'ai pris un certain plaisir à disséquer, et parfois étriller, les attitudes des acteurs de notre landerneau. Je me devais d'aller au bout du processus avant de mettre un terme à rêve d'Afrique.
Hier, la cour constitutionnelle a rendu publique le nom du vainqueur des élections: Le contrat est rempli, rêve d'Afrique part donc en édition.
Rêve d'Afrique s'en va donc, mais avec un rêve du Togo.
Mon pays a organisé cette année une élection où l'on a déploré aucun mort, aucun dégât matériel, où, surtout durant la campagne, les miens ont fait preuve d'une maturité, et d'un plaisir à vivre ensemble admirables, battant en brèche toutes les théories de traumatisme insurmontable que certaines personnes, pour nourrir des cause obscures, nous serinent à longueur de journée.
Durant la période pré-électorale, j'ai, à ma façon et avec mes mots à moi, fustigé quelques attitudes, du gouvernement (surtout) et de l'opposition, qui n'allaient pas dans le cadre de l'enracinement de la culture démocratique dans notre pays. Avant de les lister, je dirai ici que je me suis tout de même forgé, au lendemain de mon retour au pays le 06 mars, après avoir fait le tour de la question avec mes amis présents sur palce, et eu égard aux propos des acteurs principaux de ce scrutin, la conviction que ces élections étaient suffisamment crédibles pour constituer la borne d'un nouveau départ pour notre pays. Le constat est bien simple: dès maintenant, le jeu démocratique, basé sur des élections où l'on sollicite le suffrage universel est une réalité (Déja les législatives étaient une avancée). Les "actes réflexes" politiciens tels la constitution d'une base électorale, la mobilisation des militants, ( à long terme et dans les centres à forte densité, homogènes et sensible à un type de discours,) la participation au débat publique et à l'action citoyenne, et surtout, surtout la formation des masses à la l'éthique républicain doivent revenir dans les programmes de nos partis politique. Sachant qu'in fine, c'est la sollicitation du suffrage, sur la base de son programme ou de ses actions sur le terrain, qui est en ligne de mire.
Je sais, certaines personnes, avec lesquelles je discute souvent, vont me traiter soit de naïf, soit, et ça m'en touchera une sans faire trembler l'autre, d'acheté. J'aime l'angélisme dont je fais preuve en ce moment. Je crois, et c'est ma plus solide conviction au moment d'ensevelir Rêve d'Afrique, que nous devrions nous accorder un minimum de confiance, dans ce pays, pour l'intérêt de notre peuple meurtri par des décennies de luttes fraticides.
Cependant, et je l'ai déjà dit plus haut, tout n'est pas rose. En réalité, les indicateurs sont presque au rouge. L'hyperprésidentialisation, qui confine aujourd'hui au culte de la personnalité, est le plus grand mal qui menace notre jeune démocratie. Ce fléau est d'autant plus dangéreux pour qu'il n'est pas à inventer, il co-existe avec l'exercice du pouvoir. Ce que je constate parfois, et avec incompréhension,  c'est que la nouvelle génération au RPT donne l'impression de rejeter de l'Eyadémaïsme ce qu'il y avait d'intéressant: un patriotisme à tout épreuve (et non nationalisme, qui se réduit souvent à une xénophobie aveugle), mais tolère (même si elle s'en défend) les autres caractiristique de ce régime qui nous ont cependant ralenti dans notre élan (le culte de la personnalité, l'autocratie, et cette prodigalité débridée incompatible avec la bonne gouvernance).
Mais moins que l'hyperprésidentialisation, c'est la réticence à décentraliser qui reste, sur une échelle de nuisance, notre plus redoutable ennemi. La décentralisation, et l'institutionalisation de collectivités locales mettront, à mon avis, cinq ans au minimum, assistés par un lourd programme de formation des acteurs, avant de s'implanter dans les mentalités, et surtout dans notre administration. Autant dire que même en décentralisant aujourd'hui, nous n'en tireront réellement les bénéfices que vers 2015. MAis il faut le faire, et vite, car il n'y a que des avantages. L'apprentissage de la démocratie, pour les jeunes, se fait dans le conseil municipale. L'art de la contradiction, et l'accptation de l'opinion contraire s'y fermentent. Et aujourd'hui, dans ce monde globalisé, décentralisé, les collectivités locales restent des acteurs de premier choix de l'aide multi latérale, et partant, de l'aide au développement. C'est fou l'argent qui nous passe sous le nez faute de décentralisation.
Il nous faut par ailleurs lutter, avec plus de conviction, et d'entregent (voire d'efficacité) contre la corruption. Après cinq ans au pouvoir, il n'y a presque pas eu de condamnation pour crime économique, alors que la matière foisonne. Il ne peut être question de sacrifier sur l'autel de la cohésion sociale, l'essor économique de la nation. La récidive se nourrit de l'inaction. Et il faut croire que sous nos cieux, elle se gave assez bien.
Cet autre outil de la bonne gouvernance qui est le contrôle, doit se muer en réalité et non rester au régistre des intentions. Je me souviens toujours de cette portion de route refaite à Aledjo, et qui a tenu un mois à peine. Il y'a des responsables, qui doivent réparer, ou subir les rigueurs de la loi. Ce laxisme se réssent dans la longévités des infrastructures. Les routes de la capitale sont dans un état qu'on ne connaissait pas du temps d'Eyadema, pourant il y a eu plus d'argent dépensé à leur réfection. C'est comme pour leur propreté. Il y a plus d'agents mobilisés, mais elles sont plus sales. Opération contrôle-sanction-réparation-dissuasion. Quand on pense au millions de francs qui ont par exemple été engloutis dans les projets de développement à la base, sans le soutien d'organes de contrôles hiérarchisés et implanté dans les campagnes, on voit le chemin qu'il reste à faire.
Et réaliser enfin ce récencement général de la population - il parait même que nous avons le financement depuis-réadapter le contenu des programmes scolaires, introduire l'esprit d'initiative, rompre avec l'hymne à l'assistanat entendu ces derniers temps, surtout à l'approche des élections, moderniser notre justice (trinbunal administratif, médiateur de la république, indépendance de la justice), les reformes constitutionnelles et institutionnelles (il faudra y aller de toute façon) et donner à notre culture, toute la place qu'elle mérite au panthéon universel. Tout un programme, impossible à mettre en place avec la pratique actuelle, qui met le chef de l'Etat au centre de la plus infime initiative. Trop de projets aboutissent encore à la présidence (l'habitude étant une seconde nature), qui a d'autres chats à fouetter. D'où l'immobilisme, et la naissance d'ilots de pouvoirs incontrolables, et préjudiciable à l'efficacité de l'ensemble.
Allez, si je reste là à écrire, je reconstruirai la pyramide de Gizeh en une nuit, et je n'ensévilirai point mon blog.
Donc voila. Merci à vous, amateurs de "Rêve d'Afrique". Le crépuscule a sonné.

* L'éditeur qui va publier ce blog est le patron des éditions Moffi, et ses amis sont tous ceux qui, par mail ou sur facebook, ont vraiment souhaité voir ces billets sous une version papier.

Publié dans Coups de coeurs

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JC BERGER 17/04/2010 00:49



bravo Gerry pour cette nouvelle page tournée et longue vie à Terres togolaises et à Moffi !!! N'oublie pas de donner des news de temps en temps...



KAKOU 24/03/2010 07:50


Hummmmmmmmmm!Moffi me dit quelque chose.Suis content que tes projets aboutissent.J'espère que cette 1ere édition ouvre la voie à une grande liste d'édition à venir.Long feu à toi mr l'éditeur.Mes
voeux de fin d'année pour toi sont sur une bonne pente.Félicitations