Faculté de droit, et le reste de travers

Publié le par Gerry

accusations-fraude-electorale-afhanistan-L-1Les faits se sont déroulés à la faculté de droit. Ils ont fait l'objet d'un entrefilet dans quelques journaux. Beaucoup en parlent avec le sourire, tout comme s'il s'agissait d'une banalité. Et si seulement c'était le cas.
De quoi s'agit-il?
Il y a deux ou trois semaines, à l'élection du délégué général de la faculté de droit de l'université de Lomé, on a trouvé au dépouillement 150 bulletins dans l'urne, pour 100 votants.
Comme je le dis, ça a fait rire certaines personnes, alors qu'on devrait plutôt sonner le tocsin. Si la fraude électorale pénètre le milieu universitaire, c'est que la République est en péril. L'université, c'est l'inocence drappée d'idéaux de changement du monde. C'est le rêve fait Homme. C'est la candeur, le temps des possibilités. Si ce haut lieu du débat d'idées, de la contestation et de la culture tombe aussi sous les travers de la corruption et de la fraude, il est important de se demander quelles sont les valeurs que notre pays, nos leaders d'opinion véhiculent. Quels sont les schemes moraux notre culture (togolaise) communiquent à notre jeunesse? Quel est la capacité d'autonomie intéllectuelle de nos étudiants? Sont-ils en mesure, de part l'enseignement reçu, et leur processus de socialisation, d'auto-réguler les flux d'informations que leur envoient leur ainés? Sont-ils en mesure de s'appuyer sur des valeurs universselles (justice, liberté, égalité...) ou leur vision du monde est-elle altérée par les errements de nos leaders d'opinion, surtout politiques.
Autant de questions qui se bousculent dans ma tête, alors qu'au loin résonnent les explosions de pétards, c'est jour de Noel.
Et quand c'est la faculté de droit qui est concernée par une fraude si grossière (faculté de droit= étudiants en droits=futurs praticiens de la justice), et bien, on se dit que les étudiants en droit vont bien de travers.

Publié dans Inspirations

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Sasso PAGNOU 27/12/2009 17:38


Un peu de prudence,
Il ne faut pas être catégorique. Les faits ne sont pas encore vérifiés et c'est la présomption d'innocence qui prévaut. En plus les faits peuvent être vrais sans qu'il y ait volonté de tricher. Il
y a partout des erreurs matérielles d'organisation. Ensuite j'ai des doutes sur les chiffres 100 et 150, car la faculté fait plus de 1000 étudiants et c'est difficile qu'il y ait seulement 100
votants. Et puis les Ecritures saintes nous disent qu'il y eu rébellion au ciel et manipulations mensongères au paradis, alors il faut admettre la possibilité de fraudes à la faculté de droit. Le
problème qu'il faut poser est celui de la gestion des éventuelles fraudes. Merci


Obambé GAKOSSO 25/12/2009 12:32


Gerry, en effet, on ne devrait pas en rire. Posons-nous la question de savoir quel homme public (ou même privé)
deviendra "l'élu" qui aura rélaisé cette magie? Avec rien, il arrive à opérer un tel miracle, avec un budget de centaines de millions de CFA, je crains le pire.

O.G.