Et si Houngbo volait au secours du FRAC

Publié le par Gerry

http://www.afriscoop.net/journal/IMG/arton1109.jpg

Samedi dernier, j'étais sur le boulevard pour une intervention quand je me suis fait surprendre, à hauteur du siège d'ECOWAS, par la marche du FRAC. Qu'à cela ne tienne, mais regardons donc.

Ce que j'ai vu m'a horrifié. La marche avait plus l'air d'un carnaval, à la différence près que 80% des quelques milliers des carnavaliers portaient des t-shirt jaunes. La désorganisation était totale: pas de front de la marche. Des jeunes, sur moto et à pieds font office d'éclaireurs, pour ouvrir le passage, puis le reste de la foule suit dans une cacophonie monumentale. Le front de la manifestation que j'ai cru finalement distinguer, était l'endroit où était déployé une banderolle, sur 5m environs. En avant de la banderolle, avançait un jeune homme avec... une immense croix jaune. Je n'ai rien compris. De là à confondre la marche avec une quelconque procession pour une inconnue madonne, le pas peut être vite franchi.

Je suis parti de là en me disant: cette affaire là est mal engagée. Il faut les aider, ces messieurs là.

Voici en effet pres de cinq mois que les résultats des élections sont tombés. Contrairement aux nombreuses autres fois, nous n'avons pas été cloué au pilori par la communauté internationale. Et qu'on ne me dise pas que cette communauté est contre le Togo. Parce que, c'est le même pays qui a été suspendu de l'aide internationale pour déficit démocratique en 1993, c'est le même pays qui a subi l'hilali général  en 2005, à la suite de l'accession rocambolesque de Faure Gnassingbé à la présidence. Je ne verserai jamais dens cette attitude irresponsable qui consiste à faire croire que l'aleternance est d'une absolue nécéssité au Togo, pour la simple raison qu'un régime a été au pouvoir depuis 40 ans. Le Japon a connu 50 ans de règne du parti républicain, et pourtant c'est un modèle de démocratie. L'aleternance au Togo est peut être obligatoire parce que le régime bientôt cinquantenaire n'a pas réussi à trouver des solutions à la problématique de développement ( à notre échelle), mais ça, c'est au peuple de le dire. Et malheureusement, cette fois, Fabre et ses amis n'ont pas réussi à nous convaincre que le peuple avait dit autre chose. Je n'aime pas cette façon de se croire élu de droit divin, sous le prétexte qu'il ne peut en être autrement.

Bon, là, je m'égare un peu. Pour revenir à mes amis du FRAC, je crois qu'il faut leur donner un coup de main, pour le Togo. Je m'explique: cinq mois après une élection validée par la communauté internationale, un groupe de partis continue à battre pavé tous les samedi, pour revendiquer une victoire qui leur aurait été volée. Même en Iran où la contestation populaire avait été très massive, les opposants ne sont pas allés aussi loins. Surtout que dans la pratique, les constaitataires posent plutôt des actes qui reconnaissent de facto le gouvernement du président prétendument illégitimement élu. Je n'en veux pour preuve que la participation des députés de la branche contestataire de l'UFC à l'interpellation des ministres au parlement suite aux émeutes de juin dernier. Et que penser de la lettre adressée par la même branche de ce parti au ministre Bodjona, pour tenter de tirer leur épingle de la lutte fraticide qui les oppose à leur ancien mentor, Gilchrist. Donc, on ne reconnait pas le président, mais on travaille avec les ministres de son gouvernement. Ce n'est pas très sérieux, et c'est mauvais pour l'image des Togolais à l'étranger. Voila pourquoi je pense que Houngbo doit tenter quelque chose pour les aider à sortir de l'impasse. 

Après avoir tourné le problème dans tous les sens, pour comprendre les mobiles de leur entêtement, je suis arrivé à la conclusion qu'ils savent pertinemment qu'en continuant à manifester tous les samedis, le Togo ne serait jamais considéré comme un pays stable. Je suppose d'ailleurs que l'accord RPT-Gilchrist visait justement à casser cette dynamique, les stratèges du régime RPT ayant misé sur la popularité de Gilchrist pour faire rentrer dans les rangs les récalcitrants. Maintenant que cette manoeuvre a échoué, rendant caduque la grande ouverture, Fabre et ses amis savent qu'ils ont un excellent objet de chantage. Tant qu'ils continueront à manifester, même ça frise le ridicule, l'effet de ces marches reste négatif sur une éventuelle reprise, surtout économique, avec des partenaires économiques du Togo. 

Houngbo doit alors se décider à leur tendre la main, et trouver une porte de sortie. Ce n'est pas bien raisonnable, me dira-t-on, mais lorsqu'on a affaire à des extrémistes, la plus stupide des attitude est d'être raisonnable. Il faut négocier, ou interdire les marches. Les interdire serait une catastrophe, qui ne ramenera pas la stabilité. Donc, négocier, en leur donnant une place de choix dans les négociations sur les réformes, quitte à poignarder dans le dos Gilchrist qui de toutes les façons est fini.

Mais surtout, il faut négocier, et vite, pour que les locales et les législatives ne se perdent pas dans les attermoiement dont seuls les Togolais ont le secret. Surtout ne pas céder à la tentation de participer au sabordage de notre opposition. Ceci a déja commencé avec l'inexplicable dissolution de l'OBUTS. Ce serait une énorme erreur, dont notre pays ne se remettra pas.

Allez, monsieur Houngbo, vous qui n'avez pas de parti, situez-vous donc au dessus des luttes de clans et faites cesser cette mascarade. C'est le Togo qui y gagnera.

Publié dans Info togolaises

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article