Il y a deux jours, je lisais dans un journal un article traitant d'un don de ponceaux (10) par le chef de l'Etat, à certains habitants de la préfecture de Vo. Dans une post traitant du site
internet de la présidence togolaise, je soulevais déja ce risque d'hyperprésidentialisation que nous avons connu du temps d'Eyadema. C'était peut être à la mode à cette époque là, mais un peu
suranné au 21éme siècle,non?
Je reste persuadé que ce glissement est l'oeuvre des courtisans de tous bords, désireux de montrer patte blanche, tout en espérant grappiller quelque reconnaissance qui ne sera peut être pas oublié
aux lendemains des élections. Dans mon billet concernant les fraudes électorales, je pointais déja du doigts ces opportunistes qui n'hésitent pas à faire vivre une chimère rien que pour se mettre
en valeur.
Cependant, c'est le silence, ou parfois l'onction donnée à ces innombrables opérations de séduction qui est inquiétante. Car s'il faut reconnaitre que les dons de livres, médicaments, ordinateurs,
vivres et autres ponceaux contribuent à alléger les souffrances des populations,il ne faut pas oublier non plus qu'un gouvernement, dans l'Etat providence qui est le notre, a justement pour
vocation de soulager la misère des populations. Dans un etat providence, il est naturel que le budget de chaque ministère programme une serie d'actions, suivant un cahier de charge établi suivant
les priorités, destinés à être projetés au profit des populations. Ces opérations ne sont efficaces que si elles sont coordonnées avec les collectivités locales, et surtout, surtout, si elles se
répercutent dans la durée. Les opérations coup de poing des dons ne s'inscrivent malheureusement pas dans une politique de developpement durable.
Ce qui me turlupine dans tout ça, c'est l'image que nous renvoyons. Il n'y a pas si longtemps, j'ai entendu le ministre Bawara dire que les engagements de nos partenaires tardaient à se traduire
par des décaissements de fonds. Et que notre administration manquait de maîtrise des système de gestions des finances internationale. En langage clair, nous avons un problème de gouvernance.
En multipliant ces dons qui dépassent de loin ce que le gouvernement arrive à faire dans les même domaine, est-ce qu'il ne se pose pas un petit problème lié aux allocations des ressources de
l'Etat? Parce qu'il existe une confusion trouble dans la désignation des faits. Les articles parlent souvent de dons de la présidence. Si c'est la présidence, c'est qu'elle a un budget surévalué
alors, puisqu'elle prend ses ressources propres pour aller piétiner sur les platebandes des autres ministères. Si c'est le Président, avec ses propres fonds qui fait ces offres, c'est que nous en
avons un de très riche (et c'est tant mieux), mais dans ce cas, il est plus loisible que ces fonds soient mis à la disposition d'une organisation de la société civile pour ses actions ciblées sur
le terrain (ONG, Association). Lorsque par exemple le ministre de la santé remet des médicaments à une population en disant que c'est un don du chef de l'Etat, nous sommes alors dans la première
situation, et il faut conclure à un sur-approvisionnement du budget de la présidence.
Enfin, si on retourne sur le terrain. Le danger de cette générosité reste le développement de l'attentisme et de l'assistanat. Il n'est pas rare d'entendre aujourd'hui de braves paysans se plaindre
de ne pas avoir profité des largesse du président. Pour demain, ça le fout mal.
Par contre, sur le plan exclusivement politique, il faut croire que la manœuvre vaut la chandelle. La population est reconnaissante, et peut avoir tendance à le manifester plus tard. Tel est
malheureusement le dilemme de l'homme politique au Togo. Faut-il mener des actions à l'opposé de la bonne gouvernance (dixit Bawara) pour s'assurer le soutien du peuple, (tout en perdant une partie
du financement international, ou appliquer autant que faire se peut toutes les recettes de (cette foutue) bonne gouvernance, au risque de, si en face l'adversaire ne joue pas le jeu, perdre le
fauteuil de l'exécutif. C'est caucasse, de là à dire que la bonne gouvernance conduit à l'échec électoral, il y a un pas.
Une fois encore, c'est au peuple que revient la décision finale. Car un peuple épris de démocartie, dans l'acception contemporaine du terme, ne saurait être sensible à ces démonstrations. Mais
connaissons-nous réellement notre peuple?
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