Chronique du temps qui passe

Publié le par Gerry

Ce matin, réveil difficile. Des maux de tête suite à la débauche d’énergie d’hier. Trop de vin, et trop de hurlements suite à la belle victoire des éperviers. Donc, joie immense, et petite appréhension tout de même. Hier, nous avons mal joué, et nous avons gagné. Contre la côte d’Ivoire, nous avions bien joué, et perdu. Il faudrait contre la Tunisie, bien jouer, et gagner. Ainsi, nous pourrions rêver aller à la finale. 
Hier aussi, la soirée a été gâchée par le communiqué du Procureur sur les enquêtes concernant les incendies des marchés au Togo. 
« Dans le cadre de l’enquête ouverte suite aux séries d’incendies des marchés et des édifices publiques, le président national des jeunes de l’ANC a été interpellé le 23 janvier 2013.
Au cours de son audition, IL A RÉVÉLÉ L’EXISTENCE AU SIEGE DU PARTI POLITIQUE ANC, D’EXPLOSIFS, en l’occurrence des cocktails Molotov. (…).
Les opérations ont été effectuées en présence du suspect, de son avocat, DU PRESIDENT NATIONAL DE L’ANC AINSI QUE DE SON VICE-PRESIDENT.
Elles ont permis de retrouver sur place 12 cocktails Molotov cassés et enterrés à l’intérieur de la clôture, derrière le bâtiment central mais DISPOSANT TOUJOURS DE LEUR DISPOSITIF DE MISE DE FEU…. »
Trois conclusions à tirer de ce communiqué. La première est qu’il y aurait eu donc des aveux. La seconde est que le droit est respecté dans l’enquête préliminaire, puisque le droit à la défense est respecté. La troisième est que JP Fabre, s’est donc associé à l’enquête, puis qu’il a bien voulu être présent lors de la perquisition. 
La situation devient trop accablante pour continuer à s’appuyer sur un acharnement de la justice. Sauf si les avocats de EKLOU et de ADJA nous informent que les aveux dont il est question depuis quelques jours sont pure invention, je crois qu’il est temps pour les grands leaders politiques (Fabre en l’occurrence) de se désolidariser avec les activités de certains de leur collaborateurs. Ainsi que je l’ai écrit depuis le début, Fabre avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger, est si homme d’Etat qu’il ne peut pas commanditer de tels actes, mais il n’est pas exclut que certains de ses collaborateurs (sur la base des aveux) ait fait le choix de passer à l’acte. Il est temps de condamner fermement les responsables des crimes, quels qu’ils soient, et de demander à collaborer avec la justice. La pire des attitudes seraient de tenter de protéger ses ouailles et se retrouver dans un procès où les protégés finissent par reconnaitre les charges qui pèsent contre eux. 
L’urgence d’avoir une position clairement définie se retrouve aussi dans une mise au point d’un leader de l’OBUTS, où l’auteur s’interroge : « Monsieur Yark Damehane affirme que des bidons d’essence et des bombes artisanales ont été découverts au Siège du parti ANC(…) Même s’il est difficile d’imaginer que des membres d’un parti puissent tenir à leur siège des réunions portant sur des crimes aussi graves et dangereux ; la question que tout le monde se pose aujourd’hui est pourquoi le Président de l’ANC n’a pas été interpellé à son tour alors que son confrère de OBUTS dont l’implication ne se fonde que sur des propos prêtés à son vice-président est détenu depuis 11 jours à la Gendarmerie? 
Ceci présage des règlements de compte à venir. Les jours suivants vont être durs pour nous, il ne faut plus politiser cette affaire, les enjeux sont trop grands.
Pendant ce temps, le premier ministre fait une tournée de charme en occident. Et ça lui réussit parce que le régime a de la suite dans les idées, et certains parmi nous commettent l’erreur de diaboliser la communauté internationale, dont pourtant nous avons grandement besoin. 
Il y deux jours, j’ai regardé l’excellent film « the Lady », qui retrace la vie d’ Aung San Suu Kyi. Que serait devenu son combat sans le prix Nobel, sans le lobby effectué par son anglais de mari. C’est sans doute ce que nous oublions dans notre pays. Aujourd’hui, dans les médias internationaux, très peu d’articles soutiennent notre action. C’est même le pouvoir qui réussit à se donner une certaine virginité, et c’en est gênant. 
Je reste persuadé qu’il est temps pour nous de faire autrement la politique dans notre pays. En considérant d’une part qu’il y a des sujets nationaux pour lesquels nous devons pouvoir parler d’une même voix. D’autre part que le dialogue doit de nouveau intervenir dans le débat politique. Pour finir, il faut mettre en place une politique qui rassure. Qui rassure ceux qui sont au pouvoir, qui rassure notre administration, qui rassure notre armée, et qui rassure la communauté internationale, qui a soutenu le combat pour la démocratie togolaise depuis les années 90. Les vouer aux gémonies actuellement est un acte d’irresponsabilité crasse.

Publié dans Inspirations

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