Au commencement étaient les législatives de 94

Publié le par Gerry

edem-agboIl y'a une semaine, en suivant l'actualité politique de la grande bretagne, où les libéraux et les conservateurs ont tissé un tendem hors norme pour gouverner ensemble, je me suis projété une dizaine d'année en arrière, en 94.

Parfois, en lisant les journaux, on a comme l'impression que nous autres, originaires du nord, sommes des êtres opposés à la démocratie. Que notre culture serait irrémédiablement chevillée au Eyadémaïsme, au monopartisme et au déni des libertés fondamentales.

Pourtant, je me rappelle. En 92, j'étais  en 3ème, à Siou (vénérable village) et avec des copains, y compris un fils du président Dadjo (Victor), nous avions crée une association. Association des Elèves pour le renouveau, Ader. Le directeur du collège, nous avait demandé de fournir les statuts et le reglement intérieur de l'association. Je n'en avais jamais entendu parlé. Nous avons pondu un torchon. Il nous a renvoyé à coup pieds au cul de son bureau. Nous sommes revenus à la charge. A la fin, l'association a été crée. C'était con parce que notre association avait pour but de défendre les intérets des élèves (et nous y sommes arrivés souvent: ce directeur était quelqu'un. M Gbati, je crois) mais avait un nom plutot politique: Association des élèves pour le renouveau.

Plus tard, les partis politiques sont arrivés au village. C'était avant les présidentielles de 1993. Au départ, je me suis inscrit à l'ULI. Jacques Amouzou. J'aimais bien son slogan: Pour demain. Ensuite, je l'ai laché pour l'UTD. Edem Kodjo, que je n'ai découvert que sur les posters, avait quelque chose de rassurant, avec sa fange sur la tête, et ce demi-sourire lumineux. Ah!, c'était le temps des partis, c'était le temps de la démocratie.

Nous qui étions d'Edem Kodjo, on se foutait de la gueule des Rpétistes, en leur disant que le coq, boufferait tout cru le maïs. Les jeunes du village s'envoyaient des quolibets ainsi, à longueur de journée, dans une ambiance bon enfant. C'était le temps des innocences. 

En 94, aux législatives, il n'y avait pas de vote régionaliste, comme on le voit aujourd'hui. Le CAR avait fait de bons scores mêmes dans le tone. Les togolais respiraient la liberté, et la joie de la vie en commun. Et, Eyadema était là. Il avait joué le jeu, et perdu les élections.

Après, je ne sais plus. Il faudrait qu'ils nous expliquent, les pères Edem Kodjo et Agboyibo. Car comme les jeunes leaders britanique de cette année, ils aurait pu gouverner ensemble, montrer de quoi ils étaient capables, et probablement gagner les élections présidentielles de 98. Aujourd'hui, la  vie au Togo aurait été différente. Nous aurions continué à nous accepter. Qu'est qui n'a pas marché, pourquoi le pays a-t-il été immolé?

Vingt ans plus tard. Doufelgou vote à 98% RPT. Je n'ai rien contre ce parti, mais tout monolithisme est desctructeur. Que s'est-il passé? Les losso sont-ils subitement devenus partisans de la pensée unique? Je ne le pense pas. Je crois qu'entre temps, les extrémismes sont entrés dans la danse. La diabolisation, avec pour corollaire l'intolérance et la déshumanisation, sont passés par là. 

Et c'est bien dommage, pour notre pays. Nous méritions sans doute mieux que ça.

Publié dans Info togolaises

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