Afin que le grain ne germe.

Publié le par Gerry

http://data0.eklablog.com/namanyatogo/mod_html24154_1.jpg?3549Voici deux semaines que nous avons lancé cette opération: "Pouvoir d'accord, Togo d'abord" Une idée simple, la lutte politique ne doit pas l'emporter sur la sauvegarde du peuple togolais. Tout le monde parle de dialogue, mais peu sont disposés à y aller. Il est question de sincérité et de volonté d'appliquer les reformes. Nous avons choisi de demander aux autorités religieuses d'abriter le prochain dialogue, parce que le gouvernement est tenté de faire cavalier seul, et que les menaces de violence se profilent à l'horizon. Déjà, comme acteur économique, je ressens les effets de la crise sur mes activités. On a l'impression que tout est arrêté. Rien ne bouge. 
Déja, j'entends des gens moquer l'initiative, dire qu'il s'agit d'un cadre de plus. Que tout le monde connait le problème togolais, qui est le départ de Faure. 
J'ai juste trois précisions à faire la dessus, avant de me trouver quelque chose à mettre dans le ventre. 
La première est que je ne sais pas ce qu'on nous propose après éventuel de Faure. Notre constitution dit que c'est le président de l'assemblée nationale qui assure l'intérim et organise dans les 60 jours un scrutin pour désigner le nouveau président. Dans l'état actuel, ce ne serai qu'un remake de 2005. Mais il n'y a pas d'autres cas de figures qui soit, car pour que Faure parte et qu'on remette le pouvoir à l'opposition, il faut que l'opposition ait réussi, par la rue ou par un coup de force, à faire partir Faure sous la contrainte. Ce qui n'est pas encore le cas. Donc, départ éventuel de Faure, et puis après?
La seconde est que nous sommes persuadé que l'inaction est l'ennemi du bien. Devant le blocage de la situation telle que nous la voyons aujourd'hui, nous avons le choix entre conserver nos positions, et nous retrouver soit devant le scénario de 2002 (boycott des élections) ou le scénario de 2010 (impréparation et entrée tardive dans la campagne, sans précampagne surtout à l'intérieur du pays). Ces deux situations conduisent au même résultat; la confiscation du pouvoir par le même clan. Et ceci est inadmissible. J'aimerais attirer l'attention des uns des autre sur le fait que ce n'est pas en fait les résultats des urnes qui est la plus importante, mais la sécurisation des élections (comment faire qu'il y ait concordance entre le choix des électeurs et les résultats proclamés)
La troisième est que nous avons tors de nous opposer à la communauté internationale. Nous avons rencontré presque tous les acteurs de cette communauté présents dans notre pays, après avoir rencontré des conseillers au quai d'orsay et d'autres diplomates à Paris lors de mes entretiens. Le Togo n'est pas un pays d'exception. Il est de l’intérêt des Etats du nord que la démocratie s'implante dans les pays du sud, car la démocratie va de paire avec la stabilité sociale et le développement économique. Or, l'occident a besoin de débouchés pour ses marchés, donc, stratégiquement, ils ont besoin de pays démocratiques en Afrique. Ils en ont aussi besoin pour ne plus être obligés d'intervenir pour mettre fin à des guerres. Tous ceux que nous avons rencontré, disent au moins être disposés à nous accompagner dans un domaine, c'est la sécurisation des élections. Or, c'est justement ce dont nous avons besoin. C'est cette sécurisation qui a permis au CUT de remporter les élections en 1958 au Togo. C'est cette sécurisation qui a permis à la classe politique sénégalaise de réaliser l'alternance. Alioune Tine, lors de son passage à Lomé nous l'a clairement dit: Il faut multiplier le nombre d'observateurs, le nombre de points de contrôle. Nous aujourd'hui nous disons, il faut faire intervenir les TIc, dans toute les opérations, autant en amont qu'en aval. Mais ne traitons pas l'UE, le PNUD, les USA, d'opposants aux aspirations du peuple togolais. Ce faisant, nous tournons le dos au seul allié qu'il nous reste pour réaliser l'alternance véritable, l'armée n'étant pas une option (j'ai déja expliqué pourquoi) . 
Un des diplomates rencontré me disait d'ailleurs une chose, qui m'a fait refléchir. " Monsieur Taama, regarder autour de vous, partout, des dictatures sont tombées, ou en passe de l'être. au Burundi, Buyoya a perdu les élections, alors qu'il était au pouvoir depuis 30 ans et que l'achat des consciences aussi était une réalité. Au Zimbabwé, il y a partage du pouvoir, malgré l'omniprésence de Mugabé, en Afrique du Sud, au Sénégal, au Niger, au Nigéria, partout les choses changent parce qu'un moment, l'opposition se met en phase avec son peuple. La question chez vous n'est pas celle de découpage électoral, ni même de mode de scrutin. Mettez-vous dans la perspective de gagner les élections partout, et allez travailler pour être présents partout, dans les hameaux les plus reculés. Nous, nous vous offrirons les ingrédients pour la sécurisation des résultats." Je lui ai demandé "oui, mais le VSAT et les autres moyens de transmission des résultats n'ont pas marché, en 2010", il m'a encore répété. " Soyez présents dans les hameaux, c'est ce que l'opposition dans les pays que je vous ai cité a fait. Et vous gagnerez vos élections " j'ai dit que je ne comprenais pas. Il m'a murmuré, l'oeil malin. Le jour où vous ferez cela, si le pouvoir essaye de vous voler, c'est le peuple entier, du nord au sud, qui se soulèvera. Le terrain, mon cher ami, le terrain. La révolution française a été faite par les gueux, et nos les bourgeois.", fin de citation.
Allez, je vais manger.

Publié dans Info togolaises

Commenter cet article