50 ans d'indépendance, commémorer, ou jubiler?

Publié le par Gerry

Je m'interdis d'aborder la célébration de notre cinquentenaire d'indépendance, tellement mon coeur est lourd.

D'abord, je déplorais bien avant le jour J, la gestion chaotique de l'évènement. La montgolfière, onéreuse, a parait-il été acquise chez des Français résidants au Burkina Faso. La caravane qui a suivi par la route était pilotée par des Béninois. Même dans la célébration de notre indépendance, nous n'avons pas été capables de ce sursaut d'orgueil tout nationaliste.

Mon coeur est lourd. Si un jour le médiateur devrait intervenir dans la crise togolaise, c'était peut être ce jour là. Pour négocier un break. Un temps mort pour le Togo. Au moins, une messe à célébrer ensemble, sous la même bénédiction divine, pour le togo.

Et bien non. Les Togolais ont tenu à montrer que un demi-siècle d'indépendance ne les avait ni assagit, ni unis. Nous avons simplement assisté au remake des divisions de l'époque. Quel dommage?

Le moins qu'on puisse dire est que même du coté du pouvoir, la fête ne fut pas belle. Alors que nous sommes spécialistes des cérémonies grandioses, nous avons trouvé le moyen de faire les choses en modèle réduit pour l'une des rares occasions où il fallait voir les choses en grand. Défilé réduit, où j'ai vu mon cher régiment blindé aller à pied. Forces vives de la nation absentes. Aucun invité étranger de marque. Un isolement difficile à comprendre. Puis, dans la soirée, mouvement de masse baclé. Et pourtant, il parait que nous avons mis deux milliards dans cette cagnotte. 

Drôle de pays, tout de même. Nous renions même l'acte fondateur de notre existence en tant que pays. 

Pour moi, une seule note satisfaisante, tout de moins. C'est que la nuit de l'indépendance, que j'ai organisée en compagnie de Frederick Gagkara et de Ayoko Kueviakué de Saphir Event au centre culturel Denyigba, a tenu ses promesses. Préparée avec nos fonds propres, cette soirée qui se voulait un débat sur le thème des indépendance a drainer une près de 150 personnes, au rang desquels des anciens ministres, des écrivains, des professeurs d'université, des fonctionnaires internationaux, des artistes, des étudiants...

Tous ont répondu à l'appel pour parler Togo, sans passion, avec la solide conviction que ce qui nous unit est plus fort que nos différences.

Pour moi, c'est la seule bonne nouvelle. Je posterai les images de la soirée dès que ma connexion ADSL reviendra, car depuis trois jours, c'est galère galère par ici.

Que Dieu bénisse notre pays, le Togo. Qu'il n'oublie pas ses habitants aussi. surtout.

Publié dans Info togolaises

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