Mercredi 30 septembre 2009

La politique (tiens, je me demande pourquoi j'en parle souvent ces derniers temps), à l'instar
de ce reptile, se nourrit de ses propres fantasmes.
Ce qui se passe en ce moment au Gabon ne soulève aucune félicitation des démocrates africains, supris et certainement déçus que les Gabonnais donnent l'impression de respecter leur institutions.
Que la cour constitutionnelle accepte les recours de l'opposition, qu'elle soit disposée à faire recompter les voix devrait mettre en pamoison nos défenseurs des droits de l'homme. Mais il
semblerait que la perpective d'un élection transparente au Gabon ne plaise à personne. La fraude électorale en Afrique est une règle dont on ne s'affranchit pas.
C'est cette logique qui plonge les dirigeants africains dans une situation des plus ubuesques:
-Quand on est dans l'opposition, on part du principe que le seul scrutin transparent et juste, c'est celui qui débouche sur sa propre élection. Toute autre issue est par essence frauduleuse. Les
leaders se convainquent tellement de cette évidence, que les supporters finissent par en faire un dogme.
- Quand on est au pouvoir (et c'est là où c'est plus grave) les courtisans arrivent toujours a faire croire au candidat victorieux qu'ils ont, par leur entregence, baillonné le système. Par des
sous entendus pernicieux, ils prétendent toujours qu'ils ont, par un tour de passe passe magistral, réussi à détourner (ou acheté) l'attention des membre des bureaux de vote de l'opposition,
aveuglé les observateurs, pour transformer une situation qui était désespérée, à l'avantage de leur leader. Et bonjour le retour de la manivelle.
C'est ainsi qu'on retrouve à la tête de certains de nos Etats, des présidents qui, bien que ayant confortablement gagné le scrutin, manquent d'assurance, persuadé de disposer leur souveraineté non
de la communauté nationale, mais plutôt de l'habilité de quelque notable (plutôt habiles dans la désinformation).
Alors, vous avez dit fraude électorale? Circulez, y a rien à voir. La pratique sur le continent s'estompe certes, mais le recours au principe a encore de beaux jours devant lui.
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