Manifestation de l'UFC le 26 septembre, tout ça pour une Nitendo

Publié le par Gerry

Donc, il y aura une manifestation de l'opposition, tiens que je regarde, le 26 septembre 2009 prochain, donc, un samedi. A la bonne heure.
Au lieu de profiter du tiers de l'effectif à l'assemblée nationale qu'il représente pour faire abroger ce décret réduisant les manifestations en semaine de travail (c'est pour cela que les députés sont payés, non), ce parti préfère battre pavé dans la rue.
Drôle de pays que le notre, et drole de parti que celui-là.
Depuis les élections législatives, et donc la démarcation de deux partis d'opposition à l'assemblée nationale, l'UFC s'est plutôt comporté comme une enfant gaté vivant dans une famille nombreuse à qui on offrirait une Nitendo dernier cri, un Wii. La chose politique est devenue subitement la chasse gardée d'une petit cercle, celui représenté à l'assemblé, celui donc disposant de la précieuse console. Dès qu'un parti dit de l'opposition traditionnelle ose faire un début des proposition, l'UFC brandit la présence au parlement. Parle-t-on du financement des partis de l'opposition?
- L'opposition, c'est nous, nous sommes au parlement.
La CPDC?
- C'est nous, nous sommes au parlement.
Dialogue à Ouaga?
- C'est nous,  c'est nous qui y sommes.
Et les partis n'ayant pas décroché ce précieux sésame, n'ont pas d'autre choix que de se taire, en grinçant les dents face à cet égoïsme.
Cependant, au parlement, c'est tout un autre débat qu'on entend. Là, la règle de majorité mécanique (celle qui permet d'écarter les alliés d'hier)  devient une hérisie. Tout doit se décider par consensus. Subitement, le consensus qui aurait pu prévaloir dans la gestion de la chose politique pour toute l'opposition devient la seule référence. On la brandit à tout va. Toutes les lois, et propositions de loi doivent s'adopter par consensus. Le gouvernement devra se faire l'économie de sa majorité au parlement, risquer des débats interminables et osseux, au nom d'un principe inimaginable de consensus.
J'avais dans un précédent billet trouvé que la CDPC telle qu'on l'avait préconisée en fin de compte aurait pu être productive, si les possesseurs de nitendo n'avaient pas une fois encore réfusé de jouer avec ceux qui n'avaient que "aware" pour se détendre. Mais le recours in fine à tonton Blaise a finalement fait tout sauter en éclat. La CDPC morte, des clairons sont venus de Ouaga pour chanter les évolutions majeures des discussions.
Aujourd'hui, avec le blocage à la CENI, nous sommes revenus à la case départ.  Et...c'était prévisible.
A partir du moment où l'opposition a voulu politiser tous les membres de la CENI, on ne pouvait pas s'attendre à autre chose, puisque ceci a donné naissance à deux blocs monolitiques. C'est l'histoire de deux mecs, un colosse et un gringalet, qui se retrouvent abandonnés sur une ile où ils trouvent tout à manger. au bout d'une année, n'en pouvant plus, ils décident d'un commun accord qu'il faut trouver une solution pour évacuer leur libido. Le gringalet s'écrie.
- Très bien, je fais l'homme.
Le colosse répond:
- Ok, je nique plus.
Et le gringalet fait un raffut de tous les diables parce que ce n'est pas juste.
Voila où nous en sommes. En politisant la société civile, et en polarisant les partis extra parlementaires, le piège a été posé. Et ensuite, les vieux démons (ils sont tenaces) sont revenus:
- Le président de la CENI doit être élu par consensus, et c'est notre candidat, celui du consensus. Si ce n'est pas le cas, c'est qu'il n'y a pas consensus, et nous quittons les négociations. (cf l'enfant à la nitendo: si je ne joue pas à ma console, je casse la télé)
Si la bipolarisation n'avait pas été effectuée en amont, un représentant de la société civile, ou d'un parti de l'opposition extra-parlementaire, aurait pu facilement prendre la tête de cette institution. L'idée que toute personne au Togo n'étant pas de l'UFC est forcément un acheté du RPT est insuportable pour le citoyen togolais lambda que je suis. C'est à croire que la probité morale, la conscience et la rigueur professionnelles sont des valeurs inconnues de mes compatriotes.
Et voila. Nous allons encore avoir des manifestations, des aller-retour en direction de ouaga...tout ça pour une foutue nitendo.

Publié dans Coups de gueule

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