Ali Bongo Ondimba, entre hold up et victoire électorale

Publié le par Gerry

Ali Bongo sera le nouveau président de la République Gabonaise. La cour constitutionnelle l'a confirmé. C'est donc officiel.
Partout en Afrique, on crie au hold up électoral: pour moi, c'est le paradigme de l'impossible bonne foi.
Mais avant d'exipliciter mon paradigme, j'aimerais préciser que je n'ai pas de sympathie particulière pour M Bongo, même si son jeune frère a été mon petit co à la spéciale, pour la simple raison que je me demande s'il aurait été adoubé à la tête du PDG s'il n'avait pas été fils de papa. Toute succession qui se fait sur des bases autres que le mérite me titille un peu.
Mais à écouter le monsieur à la radio, j'ai plutôt eu l'impression d'un homme ouvert, posé, capable. Il serait autant abérrant qu'on écarte un homme de la course au pouvoir sous le simple prétexte qu'il est le fils de son père. président
Donc, le PDG a décidé, et libre à ce parti, qui est souverain.
A partir de cet instant, s'est mis en branle le paradigme de l'impossible bonne foi. "Ali Bongo ne peut pas gagner les élections pour la simple raison qu'il est rationnellement impossible d'imaginer que les Gabonnais trouvent un mérite à l'action du père Bongo, encore moins à celle du PDG"
Transposant la mentalité libertivore du ce siècle à un contexte social ancré dans l'oralité et la sanctification du mythe, des têtes bien pensantes partent du principe que tout pouvoir autocratique est par essence opposé aux aspirations du peuple. Omar Bongo peut-il être aimé par une partie de la population gabonnaise? Impossible, c'était un dictateur. Et tout le monde s'est engouflé dans la brêche.
Ali Bongo totaliserait 41% des voix, c'est un trucage. Avons-nous des preuves? Oui. Lesquelles? Le paradigme de l'impossible bonne foi: s'il gagne, c'est qu'il a triché.
Mais personne ne se rend simplement pas compte que si l'opposition avait négocié plus ardemment le mode de scrutin, ou si elle avait présenté un candidat unique, le Gabon aurait peut être connu un autre sort. (Les deux opposant favoris totalisent plus de 50% de voix à eux seuls).
Après le paradigme de l'impossible bonne foi, vient celui de la victimisation. Si c'en est ainsi, c'est à cause de la France. Et Boum! on détruit tout ce qui est français. (Les Iraniens aurait été des Africains qu'ils auraient vu la main de la France dans leur élection). Même si les multinationales ont des pratiques douteuses dans nos pays, aidés en cela par des accointances avec les milieux politiques, la trste vérité est que l'Afrique ne présente que 2% du commerce international français.
La situation est on ne peut plus caucasse. Quand deux peuples en Afrique se massacrent allègrement, on dit que c'est la faute à la France qui n'a pas intervenu (malgré la CEDEAO, l'UA etc), elle n'a pas d'umanité, et quand elle intervient, on dit que c'est sa faute aussi, c'est du néocolonialisme. L'idée que nous soyons responsables de nos actes est une suprème hérésie, sous nos cieux.
Pauvres de nous.

Publié dans Actualité africaine

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gerry 08/09/2009 21:26

comme je l'ai dit dans cet billet, je n'ai pas de préférence pour M Bongo, mais c'est le paradigme que je défend.Depuis que tu as soulevé cette question de validation de PV, j'ai surfé pour savoir de quoi il en est. D'après ce que j'ai lu, il apparaitrait finalement que la CENAP n'a pas effectivement mandat à valider les PV, mais c'est à la cour constitutionnelle que ce rôle est dévolue, puis que les recours lui sont adressées. Par ailleurs, une loi de 2006 obligerait les membres des bureaux à co-signer ces PV. Maintenant, certains opposant prétendent qu'on acheté des membres de bureaux de vote pour signer des PV bidons, c'est compliqué tout ça.Par ailleurs, je ne crois pas que le comptage a été arrêté, mais les recomptages (la quatrième fois, je pense), si c'est le cas, je pense qu'il faut aussi arrêter, un moment.Ce que je n'ai pas bien suivi, ce sont les recours devant la cour constituionnelle. Qu'en est-il?Tu sais Tété, je ne réfute pas la thèse de trucage, mais je trouve insensé de dire que parce que ce monsieur est le fils de son père, il ne doit pas gagner les élections. Bush fils a gagné des élections controversées aux USA, qu'avons nous dit, peuples africains?

TT 08/09/2009 12:52

Oui c'est ta lecture du feuilleton électoral gabonais et ton paradigme me convainc à l'exception de l'élection de M. Ali Ben. Sans avoir été observateur direct de l'élection gabonaise, cette victoire est sujette à caution pour deux raisons : 1) les PV n'ont pas été validés par la CENI, on a tout simplement dit aux représentants de l'opposition que ce n'est pas le rôle de cette institution ; 2) le décompte des voix a été arrêté. Tout ceci me rappelle bien de choses. Quant à l'homme, Ali Ben, je l'admire beaucoup. Vingt ans en politique et dans le sillage de son père président, une bonne campagne électorale, il a tous les atouts s'il veut changer le Gabon avec ou sans la France.

K.A. 08/09/2009 09:32

Gerry, je partage une partie de ton scepticisme, l'équation il est le fils de, donc il ne peut pas gagner est une équation du coeur. Là gît le drame des oppositions en Afrique. Le Pen pouvait-il gagner un premier en France? Non, parce qu'il est mauvais et les Français ne l'aiment pas. Sauf que... Les victoires électorales sont d'abord mathématiques, il faut donc maîtriser le processus mathématique qui y mène. A près, c'et une autre bataille qu'il faut mener, nos peuples n'ont pas toujours la maturité qu'on leur prête, il faut y travailler.