Les larmes ont surpris mes yeux

Publié le par Gerry

Dimanche, 14 juin 2009, un ami nous invite au centre aéré de la BCAO, situé aux sorties Est de la ville, à environ 10km du centre ville. Nous quittons, Arlène et moi, la domiciile vers 11h. Boulevard Eyadema jusqu'au grand marché, puis nous tombons sur la nationale 2, celle reliant Aflao, fronière ghanéenne, à Hilakondji, frontière béninoise. 50km, peu de choses. Moi de toute façons, j'ai juste 10km à faire pour rallier mon centre de loisirs. 10km d'enfer.
La route est un enchevêtrement de cratères, de nids de poule, de "coupures humides". Il est presque impossible de trouver un espace de la chausée où les quatre pneus du véhicule soient à plat. Il y a toujours une crevace, une monticule de terre pour vous faire danser la gigue dans votre voiture.
Parfois, on tombe sur quelques jeunes qui, munis d'outils rudimentaires, tentent tant bien que mal à combler quelques trous, contre espèces sonnantes et trébuchantes des usagers de la route
C'est un paysage lunaire, cauchemardesque, une image de ville frappée par une catastrophe naturelle.
Subitement, sans comprendre pourquoi, j'ai eu des larmes aux yeux. C'est venu comme ça. J'en ai été surpris, et je les ai laissé couler, profitant que mon épouse était occupée à lire un livre.
Je me suis revu il y a quelques années en France, vantant mon pays, invitant qui le voulait à aller à la rencontre de ce peuple merveilleux, industrieux, chaleureux.
Qu'avons-nous fait de notre pays?

Publié dans Coups de gueule

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Thomas 21/07/2009 21:20

C'est tout à votre honneur de conserver intacte, au travers de ces larmes, une certaine capacité à l'indignation et a la révolte.