
J'étais à Siou, mon village béni des dieux la semaine dernière, et j'ai été consterné de
constater que les jeunes là bas n'avaient qu'une idées assez étriquée de l'élan démocratique que le pays a pris depuis quelques années, surtout sur la question des libertés individuelles. Certains
pensent encore que critiquer par exemple la politique du gouvernement peut envoyer en prison.
Et voila ce que je me dis. Depuis plus d'un an, il est question de l'octroi par l'état togolais de 350 millions de FCFA au titres de subventions à la presse. Ainsi que le souligne la journal Sicka
ici, ce geste du gouvernement a provoqué, et provoque encore, une terrible bataille d'intérets auprès des patrons de presse,
tellement les journalistes tirent le diable par la queue, tellement les patrons sont avides, tellement d'autres profiteurs se pourlèchent les babines. Nous sommes à la mi- 2009, et le débat sur les
critères de partage de cette manne ne sont toujours pas clarifiés, les journaliste eux même n'arrivant pas à se mettre d'accord sur des modalités consensuelles.
Et là, je me dis, si j'étais à la place du gouvernement, je consacrerai 70% de cette manne à la presse écrite, et les 30% restants, je les partagerai à parts égales entre les radios et les
télévisions. Dans chacune de ces catégories, je ferai un partage égal. Ce ne sera pas juste, mais ça fera avancer. Les patrons qui ne voudront pas de ce arrangement pourront allez porter plainte
partout où ils voudront.
La presse écrite, dont le support papier permet un difussion et une distribution résistant au temps et à l'espace, fera l'objet de toute mon attention. Je mettrai en place (par appel d'offre) une
agence de ditribution de ces journaux sur toute l'étendue du territoire (par la création de kiosques à journaux dans les chefs lieux de préfectures, et de roulantes à journaux pour les villages les
jours des marchés) de telle façon que le pays entier participe au renouveau démocratique, dans les mentalités.
Les journaux vendus par cette agence le seront à la moitié de leur prix de vente, et le gouvernement assurera aux journaux paraissant régulièrement l'achat à chaque parution de la moitié du tirage.
Il faudra bien entendu, mener une enquête en amont pour connaitre le tirage ordinaire des journaux, pour éviter que ces derniers ne doublent leur tirage uniquement pour vendre.
Tout le monde dans ce deal est gagnant. Pas de pactole (ou peu, on pourra leur en donner un peu quand même) pour les journaux, mais assurance de vendre la moitié du tirages, par conséquent
assurance de payer les frais d'impression, peu de ségrégation ( l'obligation d'avoir un siège demandée au journaux par exemple est logique mais peu pragmatique: le journaliste togolais est plus un
passionné qu'autre chose, et certains ont leur journal sur leur clé usb). Et c'est sacrément bon pour la démocratie. Le Togo a l'un des meilleurs taux d'alphabétisation de la sous région. Les
populations sont avides d'informations. Leur en donner surtout sur le la vie politique est le meilleur soutien à la démocratie.
Certes, on pourrait créer plus de radios de proximité, mais il faut d'abord une bonne culture démocratique, que les organisations de la société civile n'arrivent pas encore à inculquer à nos
populations. La subvention de l'Etat à la presse les y aidera grandement.
Et puis, ça fera avancer le schmiliblick.
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