Ah ! Ces Polonais

Publié le par Taméra

Demandez moi quel est le rapport entre le taulard que je suis, dans mon 9m² aux fins fonds de la savane africaine et les Polonais, et je vous répondrai : courage. Délire ? Non. Je parle de courage polonais. Je n'ai jamais su à quoi cela faisait référence, mais j'ai lu dans un livre, il y a très très longtemps, que lorsque quelqu'un consomme une grosse dose d'alcool en vue de poser un acte d'une grande hardiesse, on parle de courage polonais. Un Polonais pourrait expliquer. C'est ce que j'ai fait hier.

J'ai eu la visite de quelques amis hier soir. Joyeux prétexte pour tâter de la bouteille. Et j'y suis allé de bon cœur. Et d'une, et de deux, et c'est parti. Au pas au pas, au trot au trot, au galop, au galop. Avant 19 heures, j'étais schlass. Bien parti quoi !

Sur le coup, qu'est ce qui nous arrive ? Coupure de courant. Qu'à cela ne tienne. Une douche rapide, du jazz plein les oreilles, et j'ai offert 92 kilo de viande et d'os à l'orgie des moustiques. C'était bath. J'étais là, allongé de tout mon corps. Je les sentais, ces petites pestes m'empiffrer goulument, et j'aimais ça. Leger, m'entendant ronfler par un quelconque tour de magie, j'avais la palpitante impression d'avoir ni, pardon, d'avoir roulé la terre entière. Je me moquais de leurs calculs, de leur sournoises intentions. Je me suis endormi dans la moiteur insoutenable, avec dans les tympans le ricanement de ma victoire.

Ce matin, pas de gueule de bois. Simplement le souvenir d'un rêve oublié. Les choses autour de moi sont devenues familières. Surtout ne pas donner l'impression que tout ceci est normal.

Lecture toute la matinée. Quelques coups de fils, reçus de part le monde, confirment mon humanité. Merci à vous, lecteurs de ce blog, qui se demandent quel délire je vous sers. Je sais, depuis le post « taulard comme tocard » je suis plutôt incohérent. Un de ces jours.

Journée calme. Peu d'animation dans le voisinage. Visite de quelques charognards. Mais le fauve a encore un bon coup de griffe. On est loin de la dernière estocade. Ils se sont retirés, dépités de me voir en si bonne forme.

Journée sans appétit. Je lui du Agatha Christie. Le Crime du Lorient-Express. J'ai déjà lu. Mais au point où j'en suis, tout est bon à prendre. Tout d'un coup, je me suis rappelé de l'expérience d'hier soir, et j'ai demandé qu'on m'envoie une bouteille de ma cave personnelle. Un excellent Château Bellevue du Pin du meilleur goût. S'il faut tâter de la bouteille, tant qu'à faire, faisons le de la plus belle manière.

Je n'arrive pas à écrire. Ayant un voisin d'infortune, je ne puis me résoudre à rester longtemps à écrire, au détriment de la causette que nous faisons par moment, histoire de tenir le coup. Je me maudis pour cette faiblesse. Il va falloir que je rentabilise ces instants malgré tout.

Devise de la journée. Cela tombe sur le sens. Que dieu bénisse la Pologne.

Publié dans Délires

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