Ces passions qui nous ravagent

Publié le par Taméra

Ce matin, réveil tardif. 9h30. Je me suis couché tard, hier ; vers deux heures. J'ai résisté à la lumière insidieuse, je me suis emmitouflé dans le drap et j'ai enfoncé mon faciès dans la mousse. Ca m'a réussi. Mais j'ai la gorge en flamme. Ce qui veut dire que j'ai certainement ronflé comme un porc. Pauvre voisin d'infortune.

Pour me brosser, il n'y avait pas d'eau au robinet. Un malin arrosait ses plantes en bas. J'ai dû me rabattre sur l'eau chaude du café. Remarque, ça a dû les curer à fond, mes dents, avec cette température.

Hier, j'étais à la douche, face à la porte de la cellule quand j'ai vu un gars, qui nous avait amené je ne sais plus quoi, sortir, fermer la porte, pousser la targette et mettre le cadenas (enfin, ça, je l'ai entendu). Ceci m'a fait drôle. Ainsi, j'étais vraiment reclus, comme dans le vrai. Une histoire de oufs ! comme le dirait un de mes camarades.

C'est étonnant, mais je n'arrive point à avoir de l'envie pour ceux qui sont autour de notre bâtiment. Qui circulent, se chahutent, étalent de façon goguenarde leur liberté. Je les vois par les fenêtres. J'aimerais ne pas regarder, mais je n'ai guère le choix. Les lames sont brisées sur certaines fenêtres, et il faut bien aérer. Il fait une telle chaleur ici. Serait-ce une résignation. Je ne le pense pas. C'est l'application pure et simple de mon éternel pragmatisme. Ma femme en a marre quelque fois, de cette attitude. Mais pourquoi envierai-je une chose que je ne puis avoir tout de suite ? Enfin, que déjà j'ai décidé de ne pas avoir tout de suite.

De là, je me suis penché sur les passions. Quelles sont mes passions ?

J'aime ma femme. C'est normal, autrement, pourquoi l'aurai-je épousée ? Mais s'agit-il d'une passion ? Définissant passion comme un élan irraisonné et irrationnel en direction d'un objet, d'un sujet ou d'une personne (je sais, c'est certes limité, mais c'est ce qui m'est venu à la tête), je ne dirai pas que je suis passionné de ma femme. Je l'aime et je sais pourquoi je l'aime. Si un jour, ces raisons disparaissaient, je pense que je ne l'aimerai plus, ou plus autant.

J'adore l'informatique, ce monde irréel qui permet de donner libre court à mon imagination. Mais là aussi, sans aucune passion. Quand je me retrouve sans ordinateur, je fais sans.

Et la haine alors ? Pourquoi ne suis-je pas en mesure de haïr ? Depuis quelques années, je me fais trahir par des gens que je considérais comme des amis. Et pourtant, je n'arrive pas à les haïr. Je ne parviens pas à leur souhaiter malheur. Je ne sais pas le faire. Est-ce dû à mon éducation ? La culture nawda est très tolérante. Quel est le poids de la sociologisation dans cette attitude ? S'agit-il plutôt de mon histoire personnelle ? Pourquoi n'éprouverai-je pas moi aussi ces sentiments forts et irraisonnés, capables de me transformer en une bête avide de sang ? Je raconte n'importe quoi.

Être et durer, devise de la journée. Je sais, c'est mytho.

Publié dans Délires

Commenter cet article

Sév 24/02/2008 11:18

Dim bon.