Dimanche 14 octobre 2007
sarkozy-senegal-200.jpg Je voulais  faire un commentaire sur ce discours de Sarkozy depuis longtemps, mais le temps, ah ce temps, me manquait.
Il parait que ce discours à suscité un tollé parmi  ce qu'il convient d'appeler les intellectuels africains. Je suis mort de rire. Je suis aller vadrouiller un peu du coté de grioo.com, et mes africanistes préférés n'ont pas manqué à l'appel. Ils ont, comme ils le font systématiquement, dégainé l'arme fatale. Cheik anta Diop et l'Egypte antique. Les Egyptiens étaient des noirs. Ils étaient une civilisation supérieure. Nous les Africains, nous serions dans cette situation  si les blancs ne  nous avent pas volé nos richesses et aliéné l'esprit.
C'est débile .
J'aime ce monsieur sarkozy parce qu'il a quand même du culot.
Dire:
"La colonisation n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n'est pas responsable des génocides. Elle n'est pas responsable des dictateurs. Elle n'est pas responsable du fanatisme. Elle n'est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n'est pas responsable des gaspillages et de la pollution."
Aucun chef d'Etat occidental n'avait jamais osé dire une telle vérité aux élites africaines. Et mes Africanistes n'aiment pas ça. Comment? Les Africains seraient-ils responsables de leur sort? Ce n'est pas sérieux, çà. Vous savez bien que nous ne pouvons pas TOLERER une telle responsabilité.
Plus tard, le même Sarko dit ( il est culotté quand même):
" Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès.
Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme échappe à l'angoisse de l'histoire qui tenaille l'homme moderne mais l'homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable où tout semble être écrit d'avance.
Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin.
Le problème de l'Afrique et permettez à un ami de l'Afrique de le dire, il est là. Le défi de l'Afrique, c'est d'entrer davantage dans l'histoire. C'est de puiser en elle l'énergie, la force, l'envie, la volonté d'écouter et d'épouser sa propre histoire.
Le problème de l'Afrique, c'est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l'éternel retour, c'est de prendre conscience que l'âge d'or qu'elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu'il n'a jamais existé.
Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance.
Le problème de l'Afrique, c'est que trop souvent elle juge le présent par rapport à une pureté des origines totalement imaginaire et que personne ne peut espérer ressusciter.
Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de s'inventer un passé plus ou moins mythique pour s'aider à supporter le présent mais de s'inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres.
Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de se préparer au retour du malheur, comme si celui-ci devait indéfiniment se répéter, mais de vouloir se donner les moyens de conjurer le malheur, car l'Afrique a le droit au bonheur comme tous les autres continents du monde.
Le problème de l'Afrique, c'est de rester fidèle à elle-même sans rester immobile.Le défi de l'Afrique, c'est d'apprendre à regarder son accession à l'universel non comme un reniement de ce qu'elle est mais comme un accomplissement.
Le défi de l'Afrique, c'est d'apprendre à se sentir l'héritière de tout ce qu'il y a d'universel dans toutes les civilisations humaines.
C'est de s'approprier les droits de l'homme, la démocratie, la liberté, l'égalité, la justice comme l'héritage commun de toutes les civilisations et de tous les hommes.
C'est de s'approprier la science et la technique modernes comme le produit de toute l'intelligence humaine.


Là, je dis chapeau au bonhomme. Nous les Africains, nous avons deux clichés qui nous  font des tors dignes d'un génocide. Le premier stipule que l'homme africain avant l'arrivée des blancs vivait heureux. Le socond traite, je dirais, de  l'exceptionalité africaine.
Je ne reviens pas sur le premier préjugés parce qu'il est de mauvaise fois.  L'histoire africaine, écrite même par des auteurs africains, consacre à la barbarie de nos roitelêts des chapitres remarquables.
La seconde est l'exceptionalité africaine, qui pousse même nos jeunes à faire des choses différentes des blancs par exemple, juste pour ressortir leur négritude. Etant donné que les références psychologiques, sociétales, et intellectuelle de cette negritude ne s'adaptent pas au village planétaire dans le quel nous vivons désormais, aucun développement ne peut être envisagée pour ces gens. C'est un paradigme. Celui de l'anti-developpement. Si nous voulons vivre selon notre culture, ou pseudo-culture, puisque les instruments de varolisation de cette culture sont souvent d'origine occidentale (je pense par exemple aux pagnes que portent nos femmes, qui sont fabriqués en Hollande) nous tournons dos au progrès.
Mais alors, est que l'homme africain est propriétaire de ce choix? Est-ce qu'il lui est possible de proposer d'autres shémas. Tout un débat.
Voia, je me mèle un peu les pinceaux parce que je suis malade, mais je reviendrai sur le sujet.
Par Taméra - Publié dans : Actualité africaine
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