Soirée de débat

Publié le par Taméra

Mercredi, 02 mai. Il est 19h.


Je suis assis, là, sur le canapé inconfortable. J'ai regardé les quinze minutes de la champions league. Milan domine. Je m'en fous un peu. Vive liverpool. J'attends le début du débat. Je me frotte les mains. Sarko va la bouffer tout cru. Que je me dis.

Arlène, ma femme, est pour Ségo. Une solidarité féminine contagieuse. Autrement, la politique française, elle s'en fout un peu. Et puis, si ça se trouve, elle supporte Ségo pour m'enquiquiner.

Et ça commence. A.Chabot explique que le débat est diffusé dans tous les pays du monde, et PPDA explique les modalités de ce débat. Quatre thèmes, à savoir la conception du pouvoir et les institutions, les problèmes économiques et sociaux, les problèmes dits de sociétés ( éducation, famille, recherche, culture, environnement), et les relations internationales. Puis il demande à chacun comment il se sent.

Chaque candidat répond, Ségo d'abord. sur le coup, je trouve que NS en fait un peu trop. Il s'élance déjà dans des envolées dont il a le secret. Attention.

Première question, qui n'en est pas une puisqu'il y en a trois. Les institutions. NS réponds. Posé. Il a certes le regard un peu fuyant. Mais c'est peut-être parce que la caméra le prend au trois quarts. Au tour de SR. Au lieu de parler de sa conception du pouvoir, elle parle de dette, thème n°2, de sécurité, puis attaque NS sur le bilan du gouvernement sortant. 

Là, je me dis. Elle est folle? Elle joue avec le feu. Sur ce plan, elle risque d'acheter la corde qui servira à la pendre. Et NS en profite pour faire ressortir les faiblesses du gouvernement Jospin. Mais jusque là. C'est de bonne guerre. C'est de la politique.

Puis elle se souvient qu'elle n'a point répondu à la question sur les institutions. Revenons-y. A la bonne heure. Sauf que c'est pour parler du raccompagnement des femmes policiers à la maison le soir. Ridicule. Ridicule. Comment peut-on arriver à un tel niveau de responsabilité et professer une ânerie pareille? D'abord, les policiers sont chargés d'assurer la sécurité des citoyens. Un policier est un policier, quel que soit son sexe. Alors s'il faut protéger des gens chargés de protéger les autres, on n'est pas sortis de l'auberge. Même l'idée de mettre un agent de sécurité derrière chaque femme est saugrenue. Je m'étonne que NS ne saute pas sur l'occasion pour la ridiculiser. Il reste prudent. Un peu comme un poisson qui tâte un appât. Il se demande à quoi elle veut en venir.

Et puis, pour qu'il parle, il faut bien qu'elle lui en donne l'occasion. Il est obligé de lui demander de lui laisser parler.

Arlène est contente. Ségo a du mordant.( comme un appât?) Moi, je suis un peu surpris par la condescendance de Sarko. Est-ce une tactique ? Et pourquoi Ségo ne veut-elle pas coller aux thèmes du débat ?

Puis vient une suite de petites phrases. Sarko ironise. Ségo maintient ses positions sur sa cohérence. Moi, je suis sur ma faim. Quand vont-ils se rentrer dedans ?

Allez, là, ça devient intéressant. Voila qu'ils s'enflamment pour la question de l’effectif des fonctionnaires. Je trouve que les deux ont raison. On verra demain pour les vrais chiffres, sur internet. Ségo dit qu'elle peut tout faire, même si c'est anti constitutionnel. Enfin, si elle a la majorité, elle peut réviser la constitution. Tout un programme.

Pour le moment, c'est la bourde sur les femmes policières qui retient mon attention.

Mais le débat continue. NS parle de l'emploi. Elle le coupe à tout bout de champ. MEdef, Medef. Le patronnât est le méchant loup. Ça se tient politiquement, mais ce n'est pas courtois de couper la parole à quelqu'un de la sorte, surtout lorsqu'il y a une répartition du temps de parole.

Et là, parce qu'elle ironise sur le Medef, NS marque un grand point. Il respecte les idées de l'adversaire, même s'il ne les partage pas. A ce niveau, SR s'est comportée comme une collégienne, qui chahute son camarade, l'empêchant de parler. NS marque un point grâce à sa sérénité.

A partir de là. Je comprends la stratégie du bonhomme. Il a décidé de dérouter tout le monde. Il ne va pas attaquer, sûr que l'autre en face le fera.

C'est à partir de là que SR fait sortir sa formule magique : les partenaires sociaux. Je bondi de mon canapé lorsqu'elle dit que sur la négociation du temps de travail. Les partenaires sociaux en décideront. S’ils sont d'accord, on applique, s'ils ne sont pas d'accord. on rejette. C'est de la pure démagogie. Quand on est chef, on décide pour le bien de la masse. Et en démocratie si les décisions ne sont pas bonnes pour la masse, on dégage lors des élections. 

Arlène est d'accord pour les partenaires sociaux. Je me demande si elle suit réellement de débat. Je ne crois pas. Les partenaires sociaux. C'est une sorte d'imposture.

Et le débat se poursuit. Les journalistes sont débordés. Leur question ne sont plus suivies. Le débat devient technique. Mais je remarque que SR reste toujours dans ce flou compensé par les partenaires sociaux.

J'en parle à Arlène. Elle dit que SR a raison. Solidarité féminine.

NS parle souvent de François Hollande. Parle-t-il dans ce cas du secrétaire ou du mari. Je le soupçonne de faire exprès pour la mettre en difficulté. Au même moment, il a raison d'invoquer le secrétaire du parti. Ce n'est pas sa faute si ce dernier est marié à la candidate.

Et ça continue. On parle nucléaire. Sarko, on le sent, est un peu embarrassé quand elle lui demande la part du nucléaire dans la consommation électrique. Il parle de moitié. Des approximations pareilles. Ça ne lui ressemble pas. Un point pour Ségo alors.

Puis arrive le moment crucial de ce débat. Initialement, rendre le droit à l’école pour les handicapés est une idée éloignée de ce que nous vivons dans notre pays. Alors, il y’a de quoi être surpris par tout ça. Et quand Ségo pique sa colère, je reste pantois. Je me dis qu’elle doit savoir de quoi elle parle pour sortir ainsi de ses gongs, même si je trouve que le motif invoqué n’est pas très sérieux. Est-ce parce qu’elle soupçonne son vis-à-vis de spéculer sur la souffrance des handicapés, ou plutôt parce que la droite a supprimé tout ce qu’elle avait mis en place. Je reste sceptique. Et SArko encaisse. Je suis surpris. Jusque là, elle marque un point. Si la droite a rendu la vie des handicapés impossible, ce n’est pas une bonne chose.

Mais sur le sujet par contre, sans savoir qui a raison, je donne un point à NS. Elle n’avait pas besoin d’être si méprisante, avec ce doigt impérieux. Il faut se respecter.

On parle de l’Europe. Ségo bafouille. Sarko est plus concret, même si je ne suis pas d’accord quand il dit que les Français ont rejeté la constitution et il ne faut plus revenir là-dessus. Dans ce cas, à quoi serviraient les consultations électorales périodiques. L’opinion publique est versatile. Mais NS a raison sur la Turquie. C’est cela un chef. Il dit Non, et il explique pourquoi. Les partenaires sociaux ne remplacent pas notre bon sens et notre logique. Autrement, il faudrait gouverner par référendum.

On parle de l’Iran. Sarko dit qu’il faut des sanctions doublées d’une pression de l’opinion. Là, personnellement, je ne suis pas d’accord avec lui. Pourquoi empêcher à l’Iran de posséder quelque chose que les autres se sont dotés sans demander l’avis de personne. L’Iran sait que si demain il a la bombe atomique et s’amuse à l’utiliser, il va se faire rayer de la carte. Je pense simplement que les puissances occidentales, sachant que les réserves en uranium sont limitées, s’efforcent aussi à limiter le nombre de centrales nucléaires.

Et on prend les mêmes et on continue.

L’immigration, l’Afrique. Sarko explique. Je suis d’accord. Il est illusoire de faire croire à tout le monde que l’occident est l’ultime destination. Et si émigration rime avec recherche de meilleures conditions de vie, à quoi sert de partir, si on est voué à une misère certaine en métropole. Parfaitement d’accord. Sur le Darfour aussi, je suis d’accord, même si je pense que le TPI ne suffit pas. Mais, quel relation donc entre les crimes soudanais au Darfour et le régime chinois. Ah ! Tiens. La chine achète le pétrole soudanais. Mais qu’est-ce que vous êtes donc allé faire en Chine? Pour galvaniser les entreprises françaises installées en Chine. Et elles roulent à quoi, ces entreprises ? En pétrole, bien entendu. A ce jour, aucune entreprise au monde ne se passe des hydrocarbures. Le ridicule est une fois de plus consommé.

Mais le débat tire vers sa fin. Quelques attaques de SR sur les sans-papiers resteront sans résultats. Même si je trouve insensé cette idée de régulariser des femmes battues parce que NS connaît bien la présidente de l’association. C’est partial.

C’est la fin. On revient un peu sur les institutions pour ne rien apprendre. L’un dit qu’il ne changera pas de république, mais qu’il fera des modifications sur le fonctionnement des institutions. L’autre le changera. Mais les modifications restent les mêmes.

Avant de conclure, chacun dit ce qu’il pense de l’autre. NS est courtois. J’apprécie. SR reste évasive. Elle n’a aucune considération pour son concurrent. C’est « DeRoyal ».

La conclusion de Sarko est à l’image de ce qu’il a dit durant toute la campagne. Il est un rassembleur. Ségo me déçoit. Elle fait un coup de charme pour sa féminité. Un peu comme pour pouvoir dire lundi prochain si elle n’est pas élue : c’est parce que je suis une femme. DéRoyal.

Voila. C’est fini. Arlène est pour Ségo.

Moi, Sarko ma bousculé par sa pondération. Il a fait exprès. Il s’est fait coincer sur le sujet du nucléaire et des enfants handicapés. Demain, sur internet, je verrai qui avait raison. Mais sur le coup, c’est Sarko qui pour moi convainc à la fin du débat. Sego est encore dans l’utopie socialiste.

Lendemain, 03 mai.

Les opinions ce matin divergent. Tout le monde parle de la pugnacité de Ségo, et du flegme de Sarko. Match nul alors.

Non, au cours de la journée, l’élément qui donnait du crédit à la position de Ségo explose comme un ballon de baudruche. Elle a menti sur la question des handicapés. Sur le nucléaire, les deux ont tapé à coté.

Ségo a bluffé, et a perdu. Hollande avait raison de dire que le débat était le point culminant de l’entre deux tours.

Le débat aura été fatal à la socialiste. Désormais, elle sait que les jeux sont faits. Et pourtant, elle continue de se battre. J’aime. Ou j’aimais jusqu’à hier. Et là, elle sort que si SArko est élu, la paix sociale est en danger.

C’est fini. Elle est perdue à jamais. C’est qui le prochain sur la liste des candidats socialistes ?

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Shanda Tonme, journaliste du messager. Cameroun 13/05/2007 11:49

Jamais élection en France n’avait suscité autant de doutes, de divisions et de passions en Afrique, et jamais le ridicule dans l’expression de notre infantilisme n’avait paru aussi évident. La victoire de monsieur Nicolas Sarkozy à l’issue de la dernière élection présidentielle est jugée par une très grande majorité d’Africains comme une véritable catastrophe. Au centre de ce jugement, une simple question de perception à partir des déclarations de principe du nouveau président qui ne fait pas de mystère sur ses intentions, s’agissant d’un certain nombre de questions sensibles, dont celle de l’immigration. Dans ce concert de procès en sorcellerie, il faut vraiment garder la tête froide pour ne pas tomber dans la bêtise qui consiste à se plaindre en même temps que tout le monde, ou parce que tout le monde se plaint. Il nous semble que la nouvelle situation politique en France, offre plutôt une excellente occasion de se remettre en cause, et de s’interroger concrètement sur notre statut, notre destin, et notre place dans la mondialisation. L’Afrique qui doute et toussote au moindre frémissement politique et diplomatique ailleurs, n’a plus d’âmes, n’a plus de citoyens, n’a plus de gouvernants. C’est une Afrique d’esclaves, de misérables, et de truands violents qui parlent en fait. Nous nous interrogeons encore et encore, sur ce que l’Africain qui habite le Cameroun, le Congo démocratique, le Rwanda ou la Centrafrique, peut aujourd’hui demander au monde. Mais que voulons nous en réalité ? Nous n’avons même pas cessé d’être esclaves et d’accepter la condition d’esclaves, et nous avons la prétention de choisir pour les Français celui qui doit les gouverner et quelle politique celui-ci devra appliquer. Parce que partout ici, jeunes et adultes ne pensent plus qu’à s’expatrier pour fuir des régimes de voleurs, de barbares et de prédateurs sans pitié, on entrevoit en Sarkozy, un empêcheur de tourner en rond, quelqu’un qui veut fermer les portes, chasser les aventuriers, au nom de ce que chacun doit rester chez lui, dans son propre pays, avec son Sida, son choléra et tous ses problèmes. La France, proclame Sarkozy, ne peut pas et ne va plus servir de dépotoir de tous les déchets de la planète. Notre cause doit maintenant être envisagée sous un double angle. Quel est l’état des lieux chez nous ? Où allons nous ? Que voulons-nous et que pouvons-nous faire ? Le minimum d’honnêteté commande un regard sur place, juste pour vérifier la légitimité de nos récriminations, et le fondement de nos souffrances. N’hésitons donc pas de commencer par ici, par le cas du Cameroun. Dans ce pays où le régime en place vient de décider de procéder dans moins de trois mois à des élections, on découvre le niveau d’arriération et d’obscurantisme qu’il a atteint. Le Cameroun a glissé depuis un quart de siècle, vers une société divisée, raciste, haineuse et dangereuse où les préceptes institutionnels modernes qui magnifient les notions d’Etat, de république et de citoyenneté, ont disparu pour laisser la place à la sauvagerie et aux prémices de la guerre civile. Le parti au pouvoir a clairement tout fait pour signifier aux citoyens et au monde, qu’il est hors de question de s’attendre à tout changement démocratique pacifique d’une part, et qu’il faudra identifier le pays dorénavant comme une juxtaposition de bantoustans d’autre part. Mettant en application la Constitution très contestée de 1996, le régime a accentué la division de la population en groupes ethniques confinés dans des cadres géographiques stricts où leurs droits sont acceptés ou contestés en fonction de toutes sortes de manipulations politiques grossières et subjectives. Ce qui est vrai pour le Cameroun, l’est aussi pour le Gabon, le Togo ou la Centrafrique. On gouverne ici en tuant l’espoir, et les élections ne sont que des blagues sans substances politiques. Pour revenir au Cas du Cameroun, le pouvoir se fiche que des plaintes soient formulées ou non par les populations, par la société civile ou même par un corps diplomatique frileux dont les protestations ne dépassent jamais le seuil de quelques déclarations. On va faire des élections, selon les principes et les méthodes de la démocratie de brousse, des élections de signe, et pour des politiciens de marmite. Plus de la moitié des citoyens ne sont pas inscrits sur les listes électorales et ne savent même pas de quoi il s’agit. Après tout, il suffira de distribuer quelques billets de banques à quelques individus affamés qui vont se présenter comme des opposants, de véritables pacotilles. Ce sera suffisant pour réussir la distraction, conserver le pouvoir, et continuer le gouvernement des esclaves par des truands. Mais que vient donc faire Sarkozy dans ce sombre tableau et pourquoi ne pas penser autrement l’équation intrigante de la relation franco africaine ? Il est légitime et compréhensible, de poser des questions sur le programme politique du nouveau Président français, mais il est encore mieux, de nous interroger sur notre capacité à suivre les voies chinoises, indiennes, et brésiliennes. Il n’y a pas de doute que l’évocation de ces pays, conduit à poser une autre question bien plus embêtante : en quoi la France constitue-t-elle un frein à notre ambition d’embrasser ces modèles et comment dans l’affirmative pouvons nous vaincre les obstacles ? Toutes les études établissent que l’Afrique a énormément reculé dans la réflexion stratégique du développement et de l’indépendance. Les résultats atteints par le Brésil, l’Inde et la Chine voire la Corée du Sud aujourd’hui, proviennent d’un travail en profondeur qui a permit de concevoir des stratégies gagnantes à long terme. Ces pays ont exécuté un programme qui de façon cohérente et patiente a impliqué au moins trois générations. A l’inverse, les idéologues de l’indépendance et d’un développement réel de l’Afrique ont disparu pour laisser la place à une idéologie de prédation générée par une bourgeoisie compradore et soutenue par des régimes corrompus et obscurantiste. La curiosité dans l’expression des récriminations à l’encontre de monsieur Sarkozy, c’est la permanence du discours de l’aide. Pendant que certains posent leurs problèmes en termes de chasse des immigrés, d’autres se plaignent plutôt des risques de réduction de l’aide. On a entendu des gens demander à Sarkozy de ne pas abandonner l’Afrique. La vérité, en se fondant sur ce que vient de faire le Pérou, c’est que l’Afrique n’a pas besoin de la France pour se développer. L’Afrique est suffisamment riche et peuplée pour se passer de la France. Il faudrait rappeler à ceux qui manifestent un attachement éternel à la France, que le partenariat avec le continent nous a beaucoup plus nuit qu’il ne nous a servi. Ni les Etats-Unis, ni aucune autre puissance mondiale, ne peut se poser en sauveur de l’Afrique. L’expérience a démontré que les peuples libres qui ont pu se développer, doivent tout, d’abord à leurs propres efforts, à leurs intelligences, et à leurs déterminations. Enfin, il y a quelque chose de malsain à s’inquiéter de la politique de Sarkozy parce qu’il prône le mérite, la compétence, et des réformes dans son pays, pendant que nous cultivons le tribalisme, lé génocide, la tricherie, la médiocrité, la fraude électorale et des dictatures chez nous. Il est temps que chacun balaie devant sa porte./.

Samuel 09/05/2007 09:37

Les Africains n'ont pas à s'intéresser de la poitique française.
Tu ferais mieux de t'occuper de la politique togolaise qui n'est  rose. Sarkozy n'aime pas le Africains.